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ILS COMMENCENT À NOUS ÉNERVER

Le 24 novembre dernier s'est produit un fait très grave à l'école du Jardin de Ville,  à Grenoble. A 15h45, un père de quatre enfants (un moins de trois ans, deux scolarisés en maternelle et un en CE1 à l'école du Jardin de Ville) est venu, accompagné de deux policiers en civil, chercher ses enfants, pour "un rendez-vous en préfecture", ont compris les enseignants. A 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon.. Ils y ont dormi. Ils étaient injoignables hier soir.

On a réussi à les  joindre tôt ce matin aux cabines téléphoniques du centre de rétention (qui,rappelons-le, est une prison). Ils étaient paniqués. On a prévenu le centre  que la CIMADE, seule association ayant le droit d'entrer dans les centres de rétention, irait voir la famille ce matin. Arrivés au centre, les militants de la CIMADE les ont cherchés, sans succès : la famille était en route pour  l'aéroport, leur avion décollant une demi-heure plus tard. Nous n'avons rien pu faire, nous attendions que les militants de la Cimade comprennent la situation de la famille, afin de pouvoir les aider en connaissance de cause. Ils ont été expulsés ce matin. Leurs chaises d'école resteront vides. C'est une première en Isère : la traque des étranger-e-s pénètre dans les écoles. Les seuls enfants en situation irrégulière sont ceux qui ne sont pas à l'école. Nous vous demandons de bien vouloir faire circuler cette information le plus largement possible. Personne ne doit pouvoir dire "on ne savait pas". Merci, //Emmanuelle, pour le Réseau Education Sans Frontières 38// [post_title] => ÇA CONTINUE: RAFLE DANS UNE ÉCOLE DE L'ISÈRE [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => ca-continue-rafle-dans-une-ecole-de-lisere [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2008-12-03 23:52:52 [post_modified_gmt] => 2008-12-03 22:52:52 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://latelelibre.fr/?p=2698 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 29 [filter] => raw ) [1] => WP_Post Object ( [ID] => 2689 [post_author] => 2 [post_date] => 2008-12-02 10:48:10 [post_date_gmt] => 2008-12-02 09:48:10 [post_content] =>

MÉTHODES POLICIÈRES INDIGNES

Il y a trois jours, un témoignage anonyme était posté sur le fil de commentaires d'un article de LaTéléLibre, le post 23, ici même.

Sur LaTéléLibre, une discussion s'engageait sur ces méthodes policières péremptoires et violentes. Au même moment, notre confrère de Libération Vittorio de Filippis, ancien directeur de la publication et journaliste à Libération subissait un traitement dégradant lors d'une arrestation à son domicile. Depuis, c'est la cacophonie à la tête de l'Etat, Michelle Alliot-Marie et Rachida Dati justifiant l'arrestation de Vitorio de Filippis, et Nicolas Sarkozy demadant à travers un communiqué de l’Elysée, une mission de réflexion visant à définir «une procédure pénale plus respectueuse des droits et de la dignité des personnes».

Nous publions donc aujourd'hui  l'intégralité des témoignages que nous avons reçu sur ces interventions policières à l'intérieur de deux établissements scolaires du Gers. Si la lutte contre l'usage du cannabis dans les collèges et lycées est une préoccupation légitime de tous les parents, les méthodes utilisées, et justifiées depuis, par les forces de l'ordre, ne sont pas dignes de notre démocratie.

Sarkozy: la prison dès 12 ans

Première descente de gendarmes à l'école des métiers d'Auch. 16 gendarmes et 2 maîtres-chien ont fouillé les élèves.

Lundi 17 novembre 2008, 10h30, un prof raconte. Témoignage d'un prof de l'école des Métiers (Auch), sur le répondeur de "la-bas, si j'y suis", France Inter (Ce témoignage audio reprend le texte que nous avions reçu samedi dernier) Ecole des Métiers du Gers. Descente musclée de la gendarmerie dans les classes. Je fais cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu clos de mon travail 4 gendarmes décidés, accompagnés d’un maître-chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas, j’insiste, on me fait comprendre qu’il vaut mieux que je me taise. Les jeunes sont choqués, l’ambiance est lourde, menaçante, j’ouvre une fenêtre qu’un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement, péremptoirement. Le chien court partout, mord le sac d’un jeune à qui l’on demande de sortir, le chien bave sur les jambes d’un autre terrorisé, sur des casquettes, sur des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et là encore on demande à l’élève de sortir. Je veux intervenir une nouvelle fois, on m’impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait ouvrir les portefeuilles, des allusions d’une ironie douteuse fusent. Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d’une heure. Une trentaine d’élèves suspects sont envoyés dans une salle pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d’enlever leurs chaussettes, l’un d’eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs. Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l’élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu’il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l’hosto ! »Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes. J’apprendrais par la suite qu’aucun évènement particulier dans l’établissement ne justifiait une telle descente. La stupeur, l’effroi ont gagné les élèves. On leur dira le lendemain, dans les jours qui suivent qu’ils dramatisent. Ils m’interrogent une fois la troupe partie, je ne sais que dire, je reste sans voix. Aucune explication de la direction pour le moins très complaisante. Je comprends comment des gens ont pu jadis se laisser rafler et conduire à l’abattoir sans réagir : l’effet surprise laisse sans voix, l’effet surprise, indispensable pour mener à bien une action efficace, scie les jambes. Ensuite, dans la journée, je m’étonne de ne lire l’indignation que sur le visage de quelques collègues. On se sent un peu seul au bout du compte. Certains ont même trouvé l’intervention normale, d’autres souhaitable. Je me dis qu’en 50 ans (dont 20 comme prof), je n’ai jamais vu ça. Que les choses empirent ces derniers temps, que des territoires jusque là protégés subissent l’assaut d’une idéologie dure. Ce qui m’a frappé, au-delà de l’aspect légal ou illégal de la démarche, c’est l’attitude des gendarmes : impolis, désagréables, menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant d’une classe de BTS froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! » alors que, bien sûr il n’y a que des garçons, les félicitant d’avoir bien « caché leur came et abusé leur chien ». A vrai dire des marlous, de vrais durs n’auraient pas agi autrement. C’est en France, dans une école, en 2008.

Une autre affaire de "prévention" musclée, est rendue publique, toujours dans le Gers, mais cette fois au collège de Marciac.

Source: Nogaro Journal
J’ai eu cette semaine un mail concernant une descente de police dans un lycée du Gers… On a pu entendre aussi le témoignage sur France inter. J’étais absolument abasourdi par les méthodes utilisées… Mais vous savez parfois on se dit que les gens exagèrent dans leur témoignage…. Bref, je reste interrogateur ! Mais voilà que ce WE, j’accueille ma fille Zoé -elle a 13 ans- de retour du collège de Marciac. Elle me raconte son mercredi au collège… colère à l’intérieur de moi… révolte… que faire??? J’ai demandé à Zoé d’écrire ce qu’elle me disait là. Elle a accepté. Voici donc son témoignage, avec ses mots à elle : «  Il nous l’avait dit, le CPE, que des gendarmes allaient venir nous faire une prévention pour les 4ème et les 3ème. Ce mercredi là (19/11/2008), toutes les classes sont entrées en cours comme à leur habitude, en suivant les profs. A peine 10 minutes plus tard - nous étions assis-, deux gendarmes faisaient déjà le tour de la salle où nous étions. La prof avec qui nous étions, les regardait en nous disant « Ils font leur ronde!?? » . Elle n’était à priori au courant de rien bien sûr. Soudain , la porte s’est ouverte, laissant entrer deux gendarmes… Enfin non, pas exactement!!! Il y avait un monsieur chauve habillé en militaire ( le dresseur de chien en fait!) et un gendarme très gros. Le chauve nous a dit: « Nous allons faire entrer un chien! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas! Quand il mord, ça pique! » Enfin il a dit ça, à peu près… Je me rappelle surtout du « Quand il mord, ça pique! » Après, il est sorti deux minutes et est revenu avec deux autres gendarmes et le chien. Les gendarmes se sont placés aux deux extrémités de la classe tandis que le dresseur regardait son chien déjà à l’œuvre. Le chien s’appelait Bigo. Bigo s’est acharné sur plusieurs sacs, en mordant et arrachant tout ce qui dépassait. Quand à la prof, elle restait derrière son bureau bouche bée. Le chien s’est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi. Le dresseur a claqué des doigts en disant: « Sortez mademoiselle, avec toutes vos affaires! » Elle a rangé son sac, s’est levée et s’est apprêtée à sortir mais le dresseur l’a repris vite: « Et ton manteau! » Elle a rougi et emporté aussi son blouson. Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties. Le chien vient alors sentir mon sac. Voyant que le chien ne scotchait pas, que rien ne le retenait là, le dresseur lui a fait sentir mon corps avant de s’empresser de me faire sortir. Dehors m’attendait une petite troupe de gendarmes… Enfin, non, pas dehors: nous étions entre deux salles de classe. Me voyant arriver, ils se dépêchèrent de finir de fouiller une autre fille. Mon amie était déjà retournée dans la classe. Quand ils eurent fini, ils s’emparèrent de mon sac et le vidèrent sur le sol. Un gendarme me fit vider les poches du devant de mon sac. Il vérifia après moi. Je n’étais pas la seule élève. Avec moi, il y avait une autre fille qui se faisait fouiller les poches par une gendarme. Ils étaient deux gendarmes hommes à la regarder faire. Le Gendarme qui fouillait mon sac vida ma trousse, dévissa mes stylos, mes surligneurs et cherchait dans mes doublures. La fille qui était là fouillée elle aussi, se fit interroger sur les personnes qui l’entouraient chez elle. Elle assurait que personne ne fumait dans son entourage. Ils la firent rentrer en classe. C’était à mon tour! La fouilleuse me fit enlever mon sweat sous le regards des deux autres gendarmes….. Je décris: Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme: «  On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier! On ne sait jamais… » Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas!!!!!! Je dis à l’intention de tous « C’est bon arrêtez, je n’ai rien!!!! » La fouilleuse s’est arrêtée, j’ai remis mon sweat et mon fouilleur de sac m’a dit: « tu peux ranger! ». J’ai rebouché mes stylos et remis le tout dans mon sac et suis repartie en classe après avoir donner le nom du village où j’habite. De retour en classe, la prof m’a demandé ce qu’ils ont fait. Je lui ai répondu qu’ils nous avaient fouillé. Je me suis assise et j’ai eu du mal à me consacrer au math! Tout ça c’est ce que j’ai vécu mais mon amie dans la classe à coté m’a aussi raconté. Le chien s’est acharné sur son sac à elle et elle a eu le droit au même traitement. Mais ses affaires sentaient, alors ils l’ont carrément emmené à l’internat où nous dormons. Le chien s’est acharné sur toutes ses affaires m’a t-elle dit. Le gendarme lui a demandé si elle connaissait des fumeurs de hash, vue qu’ils ne trouvaient rien. Elle leur a simplement répondu que le WE dernier elle a assisté à un concert! Le CPE l’a ramené ensuite au collège et elle m’a raconté. Après les cours, le principal a rassemblé tous les élèves et nous a dit que bientôt allait avoir lieu une prévention pour tout le monde. Une prévention? Avec des chiens? Armés comme aujourd’hui? Une élève de 4ème nous a dit que le chien s’est jeté sur son sac car il y avait à manger dedans. Elle a eu très peur. Les profs ne nous en ont pas reparlé….Ils avaient l’air aussi surpris que nous! Tous les élèves de 3ème & 4ème ont du se poser la même question: Que se passe t il? Et tous les 6ème et 5ème aussi même si ils n’ont pas été directement concernés! » Zoé.D.R Qu’en pensez vous? Que dois je faire ? Qui parle de violence ? Il me semble important d’écrire ici que ni personne du collège a juger important de communiquer sur ces faits( ???). Nous sommes lundi 24/11/2008, il est 15h30 et si Zoé ne m’en avait pas parlé, je n’en saurais rien. Combien de parents sont au courant ? Les enfants « victimes » -et je pèse ce mot- de ces actes sont en 4ème et 3ème. Ils ont donc entre 12 et 14 ans ! Je n’en reviens pas…. Frédéric

APPEL à la MOBILISATION

DEVANT LE COLLÈGE DE MARCIAC lors de la tenue du C.A VENDREDI 5 DÉCEMBRE à partir de 17H15.
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VU DES USA

Dans cet article, paru initialement lundi 24 novembre sur le site américain Salon.com, reproduit et traduit avec l’autorisation du site, Mike Madden souligne les premières déceptions soulevées par les premiers choix de Barack Obama durant la période de transition : il a nommé beaucoup d’anciens responsables ou conseillers sous l’administration Clinton, et va même conserver le Secrétaire à la Défense de George W. Bush. Comme Obama était le premier à le reconnaître en 2006 dans son autobiographie, il est voué à décevoir les espoirs d’un certain nombre de personnes car les gens ont toujours projeté leurs idées sur lui. Mais sa volonté de changement, les objectifs précis qu’il donne aux uns et aux autres, le protègent encore.

Barack Obama, honeymoon killer?

(Barack Obama, briseur de lune de miel ?)

La clique des Clinton  dans son Cabinet, Lieberman pardonné,  les signes alarmants d’un centrisme – les progressistes ne sont malgré tout pas prêts à paniquer, pas encore.

Par Mike Madden.

Une des premières  choses que Barack Obama a faite après sa victoire il y a maintenant deux semaines a été de mettre à la tète de la Maison Blanche un vieux routier de la politique. Ensuite, il a sauvé Joe Lieberman. Il a alors rencontré John McCain, et proposé à Hillary Clinton le Secrétariat d’Etat. Pour donner bonne mesure, il s’est aussi interrogé sur le maintien du Secrétaire à la Défense de George W. Bush Robert Gates, au Pentagone. C’est donc lui celui que les Républicains traitaient de socialiste, voire de marxiste, et auquel  le National Journal a donné le titre de membre le plus libéral du Sénat ? Les conseillers de McCain disaient le soir de l’élection que leurs sondages montraient que 60% des Américains croyaient Obama libéral (et ils sont nombreux a avoir voté pour lui malgré cela). Deux semaines de transition plus tard, ce nombre devrait avoir déjà rapidement chuté.

Joe Lieberman, sénateur du Connecticut et président de la commission des affaires étrangères au Sénat, en compagnie de Barack Obama et John McCain. (Crédits : MSNBC)

En fait, avec ces nominations, et ce que l’on peut présager de sa politique étrangère, il y a de sourds échos de la dernière administration démocrate, et aussi de cette dame qu’il a battue lors des primaires, celle que les netroots, les groupes d’action par internet n’aimaient pas beaucoup. Il y a certainement des supporters d’Obama qui sont rendus nerveux par les présages de l’administration Obama.  « La liste [des déceptions] devient affreusement longue », écrit le blogueur bmaz sur Firedoglake. « Presque aussi longue que le bras qu’Obama a utilisé pour prendre notre argent et se servir de nos efforts pour le faire élire. Tout ce que nous avons vu est le petit bras qu’il a utilisé pour nous donner un coup de point en plein visage(…) » Chris Bowers, du site Open Left, écrit qu’il se sent « incroyablement frustre… Pourquoi n’y a-t-il pas un seul conseiller de gauche dans le cabinet d’Obama ? » Même Pat Buchanan –qui n’est pas exactement la personne la plus libérale au monde - pense apparemment  qu’Obama a besoin de donner un os à ronger aux progressistes après le début de la transition. «Je suis ainsi voué à décevoir quelques personnes, si ce n’est toutes. »

Mais jusqu’à présent l’administration Obama  prend une forme plus ou moins identique à celle qu’Obama avait annoncée, entre la rhétorique de l’«espoir »  et du  «changement » : pragmatique, recherchant le consensus, et cherchant à obtenir des résultats. Ce n’est cependant pas ce que beaucoup de démocrates veulent qu’il fasse. Obama était voué à décevoir ses supporters ; voyez la transition comme feuille de route sur la façon dont les choses vont se passer. Et sachez que ce ne sera pas une surprise pour le président-élu non plus ; en 2006, dans L’Audace d’Espérer, il écrivait que les gens tendent à projeter leurs propres idées » sur lui, et reconnaissait ce qui pourrait arriver comme conséquence : «Je suis ainsi voué à décevoir quelques personnes, si ce n’est toutes. » « Ca a été la caractéristique de son parcours historiquement – la gauche tombe amoureuse de lui grâce à ses talents oratoires et, je pense, son sens de la mission d’aider les gens qui ont eu moins de chance que lui », dit son biographe David Mendell. « Mais il a légiféré vers le centre, et quand il se lance dans une campagne pour une élection générale, il tend à aller encore plus dans cette direction. Il va irriter les gens des deux bords –sauf que la droite s’attend à ce qu’il soit un démocrate, et l’extrême-gauche voudrait le compter parmi les siens. Et il a régulièrement déçu l’extrême-gauche. »

Par exemple, la différence d’opinion la plus importante entre le président-élu et ses supporters est sans doute le sort de Joe Lieberman (Note du Traducteur : colistier d’Al Gore en 2000, il a quitté depuis le Parti Démocrate pour devenir indépendant et soutenir John McCain tout en restant affilié démocrate. De nombreux sénateurs voulaient que lui soit retiré la présidence de la commission des affaires étrangères, en vain car Barack Obama a pris sa défense, comme il l’avait fait en 2006 contre le parti, cette fois par calcul politique : l’objectif actuel est d’atteindre la super-majorité de 60 sénateurs. Il fallait donc le garder comme allié). Il a échappé à une sanction grâce à l’échec des démocrates qui voulaient le sanctionner, alors que les sénateurs démocrates auraient certainement été plus durs avec le sénateur du Connecticut si Obama n’était pas intervenu en sa faveur. Harry Reid, à la place, est devenu l’homme à abattre à cause du soutien qu’il a donné à Lieberman. C’est ou la preuve du déni d’une partie des fans d’Obama, ou le signe, chez les libéraux, qu’Obama a plus à perdre que Harry Reid. Le blogueur et auteur (et contributeur à Salon) David Sirota blâme les vieilles habitudes démocrates, et non Obama, pour le sauvetage de Joe Lieberman. « La direction démocrate [au Capitole] a décidé que la façon dont elle va gouverner va être essentiellement dirigée contre son propre parti ». « Je ne pense pas en fait qu’Obama a fait cela dans les postures politiques qu’il a prises depuis son élection. Il est possible que les leaders du Congrès craignent en fait qu’Obama aura une pratique législative plus agressive que la leur. »

Mais la critique la plus tenace parmi les critiques internes au parti est le long fond de clintonisme qui se manifeste à travers les nominations. Ils peuvent rejeter sur Harry Reid le sauvetage de Lieberman, mais ils ne peuvent pas réécrire les CV de personnes comme Rahm Emmanuel. Le Comité National Républicain a envoyé aux journalistes des rafales de courriels de recherche sur le passé de chaque membre potentiel de son Cabinet, soulignant combien sont issus de Washington et en lien avec l’administration Clinton ou d’autres parties de  l’establishment. « Nous aurions pu avoir une administration saupoudrée de quelques proches des Clinton, cela aurait été bien », dit Robert Kuttner, co-rédacteur de American Prospect et membre distingué de Demos, un think tank libéral (et un ancien critique des politiques économiques du centre de Bill Clinton). « Mais quand autant de personnes haut placées sont des vétérans, et qu’il promeut le changement, vous devez lui dire « Attends, il y a un problème. » » Les Républicains espèrent pouvoir exploiter toute distance entre Obama et ses supporters – le Comité National Républicain a envoyé aux journalistes des rafales de courriels de recherche sur le passé de chaque membre potentiel de son Cabinet, soulignant combien sont issus de Washington et en lien avec l’administration Clinton ou d’autres parties de  l’establishment. La liste de la clique des Clinton durant la période de transition commence avec Hillary Clinton, que l’on dit future Secrétaire d’Etat, puis Emanuel, le futur Secrétaire Général de la Maison Blanche, le co-directeur de l’équipe de transition (et Secrétaire Générale de Bill Clinton à la Maison Blanche), John Podesta et plein d’autres conseillers. Eric Holder, qui aurait été nommé Ministre de la Justice par Obama, était le numéro 2 au Ministère de la Justice sous Clinton. Le gouverneur du Nouveau-Mexique Bill Richardson, qui sera sans doute nommé au Secrétariat au Commerce,  a eu plusieurs postes sous l’administration Clinton (bien qu’il ait soutenu Obama après d’être retiré de la course à la présidence). Le Secrétaire au trésor de Bill Clinton, Lawrence Summers, sera conseiller économique à la Maison Blanche et a presque retrouvé son ancien poste –ce qui a vivement inquiété les progressistes. « Nommer quelqu’un qui nous a mis dans ce pétrin avec ses idées est vraiment une mauvaise idée », dit Robert Borosage, co-directeur de la Campagne pour le Futur de l’Amérique. (Le directeur de la Réserve Fédérale de New York sera nommé Secrétaire au Trésor ; il a travaille dans le passe avec une grande partie de  l’équipe économique de l’ère Clinton.)

Des activistes anti-guerre se demandent aussi ce qui est arrive a l’Obama qui a remporte les primaires de l’Iowa parce qu’il s’opposait a la guerre. « Obama a toujours utilise a son avantage le fait qu’il n’a pas soutenu la guerre en Irak en premier lieu, et c’était un argument-clef utilisé pour discréditer Hillary Clinton, et quelque chose qu’il a été capable de revendre à son bénéfice », dit Kelly Dougherty, directeur exécutif des Vétérans de l’Irak Contre la Guerre. « Les gens ont mis tout leur espoir en l’élection d’Obama –les raisons étaient en fait plus profondes.  Ils ne voulaient pas simplement qu’il soit élu, ils veulent voir un vrai changement. » Ajoutez Clinton, au Secrétariat d’Etat, et le vice-président élu Joe Biden, et Obama tire ses conseils politiques et militaires de personnes qui ont soutenu la guerre en Irak. Et il y a aussi ceux que la rumeur dit considérés pour certains postes et qui sont haïs à gauche encore plus qu’Hillary Clinton. Si le Secrétaire à la Défense de Bush, Robert Gates, reste en place, comment cela sera-t-il perçu par la base ? Et John Brennan, qui a travaillé à la CIA plus tôt dans l’administration Bush et qui, selon les rumeurs, serait préféré par Obama pour un poste élevé dans les renseignements (ou à la CIA ou responsable des renseignements intérieurs) ? La rumeur de Brennan divise déjà à cause de son support de la torture.

Robert Gates, actuel Secrétaire à la Défense de George W. Bush et qui restera en fonction sous la présidence de Barack Obama. Crédits : Time.com

Cependant, même si les critiques sont féroces au sujet de quelques choix d’Obama, il n’a pas beaucoup de choix si ce n’est de se tourner vers d’anciens conseillers de Clinton ; il n’y a pas beaucoup de démocrates qui sont prêts à prendre des postes nécessitant une expérience relativement grande qui n’ont pas travaillé pour Clinton. « Je n’ai pas été surpris qu’il ait choisi des stars issues du banc de Clinton, parce que c’est le seul banc que nous avons », dit Borosage, qui –en dehors du retour de Summers à un rôle national-, approuve assez la direction qui a été prise par la transition jusqu'à présent. « Beaucoup de ces nominations me frappent car elles sont excellentes, dans le sens ou ce sont des personnes sérieuses qui vont essayer d’obtenir des résultats. » Cela semble être  la principale motivation de  l’équipe de transition. Chaque déclaration publique d’Obama, Podesta et Emanuel ont mis en avant le désir d’agir dès le premier jour, le 20 janvier. Les progressistes ont beau ne pas aimer certains des noms qu’Obama place dans ces postes, mais ils aiment toujours les objectifs qu’il leur a assignés. En travaillant à Chicago, les conseillers d’Obama n’ont jamais passé autant de temps durant la campagne pour savoir ce que les démocrates de Washington pensaient de leur stratégie, et jusqu'à présent, l’équipe de transition semble avoir une approche similaire. Emanuel, après avoir rencontre les sénateurs républicains jeudi, a paru encore plus bipartisan et magnanime qu’il ne l’a été jusqu'à présent.  « Les défis auxquels fait face ce pays sont immenses », a-t-il dit aux journalistes. « Les problèmes auxquels nous faisons face sont d’une très grande ampleur. Il  y a assez de place et de bonne volonté pour des idées venant des deux partis pour relever ces défis. » Les conseillers d’Obama se sont mis d’accord sur un message répété aux supporters qui n’aiment pas les nominations qu’il fait : « Obama est aux commandes –du calme. » « Les gens ont besoin de comprendre une chose », a dit son conseiller David Axelrod à ABC NEWS cette semaine : « Il y a une personne qui sera à la tête de la politique étrangère américaine, et il y a une personne qui sera à la tête de la politique économique américaine. Et c’est Barack Obama. »

David Axelrod et Barack Obama. Crédits : New York Times

Jusqu’à présent, le degré de mécontentement est assez faible pour que l’équipe d’Obama ne s’en inquiète pas ; même Kuttner a dit que ceux de  la clique des Clinton  qui auraient pu se faire remarquer (comme Holder, ou le futur conseiller à la Maison Blanche Greg Craig) ont soutenu Obama durant la campagne primaire, ce qui représente un clair changement. Au Capitole, les démocrates disent qu’ils sont pour la plupart impressionnés par la transition jusqu’à présent –il n’y a eu aucun désaccord interne, et les fuites des noms semble être délibérée, tandis que personne n’entend se plaindre ceux qui n’ont pas été nommés. L’éloignement des lobbyistes par Obama  pendant la transition signifie qu’énormément d’équipes s’occupent de mettre en place la nouvelle administration, ce qui est un moyen de rassurer les législateurs, et de nombreux groupes d’intérêts progressistes étaient déjà en  contact avec ceux qui travaillent jour après jour à la transition. Néanmoins, si l’année prochaine la Maison Blanche propose quelque chose qui irrite vraiment les activistes libéraux, personne ne pourra dire qu’il était surpris. C’est une chose de construire une coalition avec les progressistes et de s’emparer de la Maison Blanche alors que l’occupant actuel connaît des records d’impopularité. Comme Obama et ses supporters le découvrent déjà, c’est une toute autre chose de gouverner.

Article de Mike Madden (Salon.com), traduit par Nicolas Condom (LaTéléLibre.fr)

Article original : http://www.salon.com/news/feature/2008/11/24/obama/index1.html

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ILS COMMENCENT À NOUS ÉNERVER

Le 24 novembre dernier s'est produit un fait très grave à l'école du Jardin de Ville,  à Grenoble. A 15h45, un père de quatre enfants (un moins de trois ans, deux scolarisés en maternelle et un en CE1 à l'école du Jardin de Ville) est venu, accompagné de deux policiers en civil, chercher ses enfants, pour "un rendez-vous en préfecture", ont compris les enseignants. A 19h, on apprenait que la famille au complet était au centre de rétention de Lyon.. Ils y ont dormi. Ils étaient injoignables hier soir.

On a réussi à les  joindre tôt ce matin aux cabines téléphoniques du centre de rétention (qui,rappelons-le, est une prison). Ils étaient paniqués. On a prévenu le centre  que la CIMADE, seule association ayant le droit d'entrer dans les centres de rétention, irait voir la famille ce matin. Arrivés au centre, les militants de la CIMADE les ont cherchés, sans succès : la famille était en route pour  l'aéroport, leur avion décollant une demi-heure plus tard. Nous n'avons rien pu faire, nous attendions que les militants de la Cimade comprennent la situation de la famille, afin de pouvoir les aider en connaissance de cause. Ils ont été expulsés ce matin. Leurs chaises d'école resteront vides. C'est une première en Isère : la traque des étranger-e-s pénètre dans les écoles. Les seuls enfants en situation irrégulière sont ceux qui ne sont pas à l'école. Nous vous demandons de bien vouloir faire circuler cette information le plus largement possible. Personne ne doit pouvoir dire "on ne savait pas". Merci, //Emmanuelle, pour le Réseau Education Sans Frontières 38// [post_title] => ÇA CONTINUE: RAFLE DANS UNE ÉCOLE DE L'ISÈRE [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => ca-continue-rafle-dans-une-ecole-de-lisere [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2008-12-03 23:52:52 [post_modified_gmt] => 2008-12-03 22:52:52 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => http://latelelibre.fr/?p=2698 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 29 [filter] => raw ) [comment_count] => 0 [current_comment] => -1 [found_posts] => 13 [max_num_pages] => 2 [max_num_comment_pages] => 0 [is_single] => [is_preview] => [is_page] => [is_archive] => 1 [is_date] => 1 [is_year] => [is_month] => 1 [is_day] => [is_time] => [is_author] => [is_category] => [is_tag] => [is_tax] => [is_search] => [is_feed] => [is_comment_feed] => [is_trackback] => [is_home] => [is_404] => [is_embed] => [is_paged] => 1 [is_admin] => [is_attachment] => [is_singular] => [is_robots] => [is_posts_page] => [is_post_type_archive] => [query_vars_hash:WP_Query:private] => 682ef085c5fe70d6c0ba47073e5fa756 [query_vars_changed:WP_Query:private] => [thumbnails_cached] => [stopwords:WP_Query:private] => [compat_fields:WP_Query:private] => Array ( [0] => query_vars_hash [1] => query_vars_changed ) [compat_methods:WP_Query:private] => Array ( [0] => init_query_flags [1] => parse_tax_query ) )