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L’autre Visage de la Villeneuve

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Villeneuve… « Discours de Grenoble », « meurtre », « trafic », « double tuerie » … Voilà les images qui défilent lorsqu’on pense à la Villeneuve dont on ne parle que lorsque la violence s’y mêle. Pourtant le quartier est aussi tout autre chose… Voici son autre visage, incarné par Willy Lavastre, animateur socio culturel et habitant du quartier.

Willy est une pierre constituante du quartier de la Villeneuve, sculpté dans le béton des galeries d’immeubles, forgé par les quarante nationalités qui l’entourent. Il se fond dans ce décor qu’il anime et avec lequel il ne fait qu’un. Il se déplace dans cet espace, des anecdotes à chaque visage. Il est le géant de la Place des Géants où convergent les violences du quartier.  D’un pas sûr il foule ses dalles et croise les trois jeunes gardiens qui « tiennent les murs » : « salut, ça va ? ». Son bureau de coordinateur de la fédération d’associations Afric’impact se situe là. « La Villeneuve », c’est aussi lui, un grand bonhomme rassurant, au regard rieur et au sourire serein.

Willy se construit d’expériences et se nourrit des gens. Détours, voyages, réflexions, tout converge vers son berceau : « la Villeneuve ».

Je suis allé dans 72 pays, mais je n’ai jamais quitté Villeneuve

« Je suis arrivé ici à 3 ans, au début de la construction ». De l’enfance à l’université Willy a traversé l’évolution de ce quartier fait pour « bien vivre ensemble ». C’est alors que son engagement prend une direction : cap sur la solidarité international ! De projets en créations d’associations, Willy s’est investi, et son énergie a abouti à la fondation d’Afric’impact qui fédère un grand nombre d’associations, coordonne des projets et prend en charge des formations à la solidarité internationale. Willy n’a pas pour autant laissé son quartier de côté : « je suis allé dans 72 pays, mais je n’ai jamais quitté Villeneuve. »

Toutes ces expériences nourrissent sa manière d’appréhender le développement. Au centre : la vie de son quartier à l’image ternie, dans lequel s’entrecroisent toujours des passerelles avec ce qui l’entoure.

La solidarité internationale c’est d’abord une question d’engagement ici

Willy est en lien avec l’Afrique, mais l’action est locale. Alors il se met à l’œuvre par « un retour aux sources » dans son quartier. Tous les domaines sont touchés et tout le monde contribue : « batukada, capoeira, soutient scolaire…  Il y a toujours des passerelles possibles entre les structures, les bénévoles, les salariés et les familles ». Les passerelles s’étirent aussi au delà des frontières et des océans : « avec les jeunes du projet Batukavi (une batukada pour les jeunes de Villeneuve), on va au Portugal bientôt, au Burkina Faso l’année prochaine, au Brésil en 2014 ! ». Comme on dit dans le quartier, Willy est « animateur au local et formateur à l’international ».

Ce qui compte pour cet esprit où les projets bouillonnent, c’est de redorer en profondeur l’âme de son quartier auquel il est viscéralement attaché.

Willy a vu l’atmosphère du « quartier de l’utopie » se dégrader au fil des ans, et son image plonger au cours des années 2000. « Avant c’était des bals populaires, nos portes jamais fermées, des foots en haut des immeubles, du ski dans le parc… » Mais Willy est toujours là et œuvre chaque jour au changement. « C’est un super quartier, on a envie de recréer ces moments de convivialité. Et on sent ce besoin ». Willy y va de tout son être pour faire connaître à son quartier une nouvelle jeunesse. « C’est formidable ce qu’on vit en ce moment ! Le projet Batukavi est né deux semaines après les événements de 2010, et à partir de là, pleins de projets sont nés. On se réapproprie nos espaces avec ces jeunes pour que des liens de confiance s’instaurent ».

Willy est aussi frère, papa, maître d’école et bonne oreille apaisante. « Pas d’activités avant 18h30 pour les devoirs, et je corrige toutes leur fautes sur Facebook ! ». Willy ne compte pas ses heures, c’est son quartier, ses jeunes, sa vie. Un coup de blues ? « Ils viennent à la maison, ils dorment parfois ».

Un foisonnement de photos sur la table, chacune lui rappelle tant de projets passés, à venir… « Allô ? Oui Elise, je t’écoute… Tu viens à la Batuk ce soir ?…T’as des devoirs ? Une dictée demain ?…. Ouais ben reste chez toi alors ! A demain au carnaval ! » Il range son sac dans lequel il a préparé le goûter pour les jeunes qu’il s’apprête à retrouver. « On a été tranquille jusque là, mais c’est l’heure de la sortie des cours ! »

Flore Viennot

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