Affichette « Casse-toi pov’ con » : la France Condamnée par la CEDH

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Vive l’Europe! Le crime de lèse-majesté vient d’être sanctionné par la Cour européenne des droits de l’homme. On a le droit de dire « Casse-toi pov’con » à Sarkozy. Quelle bonne nouvelle, alors que l’auteur de la phrase annonce qu’il veut… revenir.

La Cour européenne vient de condamner la France pour avoir violé la liberté d’expression. En novembre 2008, Hervé Éon avait été condamné par la justice française pour avoir brandi en août 2008 un écriteau en carton marqué du slogan « Casse-toi pov’con » lors d’une visite présidentielle à Laval, en Mayenne.

Pour la Cour européenne, ce recours à une sanction pénale était « disproportionné » et risque de provoquer « un effet dissuasif sur des interventions satiriques qui peuvent contribuer au débat sur des questions d’intérêt général »! 

Qui a dit que l’Europe ne servait à rien?..

Un reportage de LaTéléLibre lors d’une manifestation de soutien à Hervé Éon

Ci-dessous, notre article publié le 

30 € Pour « Casse-Toi Pov’Con » : Le Condamné fait Appel

ENCORE TROP CHER!

Hervé Eon, qui vient d’être condamné à 30 euros d’amende avec sursis pour « offense » à Nicolas Sarkozy, refuse l’avertissement ainsi signifié par le juge, et fait appel de sa décision. Il a fait parvenir ce communiqué à la presse. Une réunion publique aura lieu le lundi 1er décembre à 20h30 à Laval, avec Jean-Jacques Reboux, du Collectif pour une dépénalisation du délit d’outrage (CODEDO).

Communiqué de Hervé Eon:

Le parquet de Laval a jugé utile de me poursuivre pour avoir brandi sur le parcours présidentiel à Laval le 28 août 2008 la pancarte sur laquelle était écrit « casse toi pov’con » et donc considéré que j’avais offensé le Président de la République.

 

Le jugement rendu à mon encontre fait état d’une condamnation de principe à une amende de 30 euros avec sursis. .

 

« Si le prévenu n’avait pas eu l’intention d’offenser, mais seulement l’intention de donner une leçon de politesse incongrue, il n’aurait pas manqué de faire précéder la phrase « Casse-toi pov’con » par une formule du genre « on ne dit pas », souligne le jugement.

 

En guise de « simple avertissement », le tribunal m’a condamné à « une amende de principe de trente euros avec sursis ».

Je n’accepte pas ce verdict qui laisserait à penser que tel un potache je mérite un avertissement. Une leçon de politesse n’est pas incongrue qu’elle soit à destination du Président ou d’un simple citoyen. La fonction présidentielle ne dispense celui qui l’occupe d’être poli avec les citoyens même si la loi protège sa fonction.

La décision est politique et doit être combattue, juridiquement et politiquement. Pour ma part, je continue le combat juridique et fais confiance à mes amis politiques pour que le combat politique soit aussi mené. J’y prendrais toute ma place.

J’ai donc décidé, après conseil auprès de Me Dominique NOGUERES et de mes camarades politiques, de faire appel de la décision rendue le 6 novembre 2008.

L’affaire sera jugée à la cour d’appel d’Angers (49), la date n’est pas connue à ce jour.

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