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TU ME FAIS TOURNER LA FRANCE – BEST OF 1/2

Publié le | par

LA FRANCE AU BALCON

Un partie de l’équipe de LaTéléLibre revient tout juste de plus de 3 semaines de reportage sur le Tour de France, qui se sont achevées hier dimanche 25 juillet, avec la victoire de l’Espagnol Contador. A bord de nos deux camping-car, nous avons assuré la réalisation d’un reportage de 5 minutes par jour , diffusé dans l’émission de Gérard Holtz, « l’après Tour ». Voici le premier opus de notre « florilège ». La suite demain!

Ici, pas question de parler vélo, mais de rencontrer les spectateurs du Tour qui se pressent sur le bord de la route. Ils sont environ 15 millions à suivre ainsi le Tour en vrai live tout au long de la grande boucle.

«Tu me fais Tourner la France ! »

BEST OF 1/2
Des Pays-Bas aux col des Aravis (Savoie)

Réalisation : John Paul Lepers et Thomas Courcelle
Image : Joseph Haley de Rotterdam à Morzine, puis Matthieu Martin
Montage : Smaïn Belhadj de Rotterdam à Morzine, puis Anthony Santoro
Assistant et deuxième caméra: Philippe Maréchal
Coordinateur et régisseur : Thomas Courcelle
Musique originale: « En danseuse », Romain Dudek
Direction de production : Caroline Lançon

Musique du générique: « Mon manège à moi », paroles de Jean Constantin, musique de Norbert Glanzberg. Avec l’autorisation des Nouvelles Editions Méridian – Paris

Une co-production France Télévisions – ON Y VA ! media

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Les commentaires (19)

  1. Bah c’est sympa ça, de nous mettre ce(s) p’tit(s) best of. (En attendant le 2ème partie)
    En entendant la dame dire que c’était sympa de faire connaisance avec des gens d’autres régions, d’autres pays, je me suis dit que les fans « basiques » de cyclisme sont moins cons que les fans « basiques » de foot. « T’es pour qui toi ? Paris ? ‘Culé! Et toi, Marseillais ? Pédale ! »
    Quoique, sur le Tour, c’est peut-être « t’es du Nord, c’est cool. Mais sinon t’es Festina ou PMU (…) » (Je connais pas les équipes)

  2. C’est con en fait: Un fan basique du Tour peut être aussi un fan basique de foot. et là, le côté con prend le dessus.

  3. En tout cas ça a l’air d’ une expérience de tournage sympa.

    Quant au tour, « ca donne à voir la France » comme on dit. On les voit bien nos zones commerciales immondes à la télé où le tracé est rûdement bien fair?

    Ca permet aussi à certains de décompresser tout en mesurant leur popularité, n’est -ce pas m’sieur Eric?

    Bon, après faut décontaminer les coins où les coureurs ont pissé, mais c’est la tradition il parait. Y’a eu que Marie Georges pour faire sa mauvaise coucheuse et presque parvenir à arrêter le tour dans le style bâton dans la roue avant. Ca ça avait de la gueule ! Pour ça M.G fera toujours parti de mon panthéon ministériel personnel.

  4. R-E-M-A-R-Q-U-A-B-L-E- !
    ces Chtis sont les plus gentils du monde.Même Merchx s’y met !
    Aussi gentil que ce gros hollandais est ragoutant et suffisant. tsss…

  5. Et la suite n’est pas mal non plus !!!
    Presque tout vu sur le site de F2…il y eut quelques « bas » mais pas mal de bons « hauts » ….
    Comme quoi , on peut tourner autour du sport en trouvant des sujets intéressants…CQFD !

    Et le regard amoureux de G.Holtz à John- Paul augurerait-il d’autres aventures vidéophoniques sur la chaine publique … ????

  6. Intéressant de voir le ton de LTL sur ce type d’événement ‘grand public ».
    Bon terrain d’exploration.
    J’espère que cette expérience inspirera d’autres responsables de chaines et d’émissions TV.
    Cela dit, vers 7:30, j’ai cru voir un flag’ d’abus de faiblesse sur une dame concernant une bouteille de vin !
    La délinquance rurale n’a rien à envier à celle en col blanc :)
    Bon repos à tous, si c’est le cas :D

  7. Moi, j’ai aimé ( sur ce best off ou un autre ?) l’image furtive du transfo de la maison de retraite : « danger de mort- maison de retraite… » ce genre de clin d’oeil , j’adore !

  8. Rantanplan est venu renifler les derniers sujets et commentaires … il a pissé dessus et s’en est allé la queue au vent de l’été cherchant bonne fortune sur les plages de la cote d’azur ………….

  9. Mais de bonne fortune il n’en trouva point.Reconnu,à cause de sa petite queue ,par quelques internautes qui prenaient l’apèro à la terrasse d’une paillote,ils le coincèrent et lui chièrent tous dessus ,au coucher du soleil. Alors que le soir ,embaumé de mille parfums ,faisait vibrer tous les coeurs,rantanplan sans complexe restait de bonne humeur .Pourtant ,couvert de merde on aurait pu croire qu’il prit peur, mais non! car il continuait de garder ,depuis toujours, la même odeur…… c’est beau la poésie comme ça un soir d’été

  10. Bonté divine, B.B., vous me ferez 3 « Notre père » et 5 « je vous salut Marie », nue.

  11. pas par un roquet, »pove tache »…elles sont bien trop grosses pour ta gamelle,surtout celle de gauche,c’est bien connu……

  12. pas la peine y en a de plus en plus en ce moment même si on doit se méfier des immitations

  13. Présentation :

    On m’appelle Diogène. C’est de l’humour, pas de la prétention. Je suis habillé en vert. C’est un signe laïque ostensible de mes convictions écologiques.

    Je fais partie d’une communauté que nous avons appelée « la nef des fous », en référence au livre publié sous ce nom et dans le même sens en 1494 par Sébastien Brant. Cette communauté vit en autarcie. Depuis longtemps. Et nous sommes nombreux. De plus en plus nombreux. 6 milliards actuellement. Dans un espace constant. On va finir par se gêner.

    Au sein de cette grande communauté, nous sommes quelques-uns à nous être regroupés en 1971 dans les Alpes de haute Provence, au lieu-dit « Jansiac », pour expérimenter l’utopie de Sonn dont je vais parler.
    QUELQUES BANALITES DE BASE EN GUISE D’INTRODUCTION

    1. Quelle vie choisir quand on a 18 ans ?

    L’homme est la seule espèce qui adapte souverainement son milieu à ses délires, mais paradoxalement chaque humain est invité à s’adapter à son milieu comme n’importe quel autre animal.

    2. Or la vie qu’on me propose repose sur des bases injustifiables :

    - quand j’achète, je nuis, aux peuples du sud, à la planète, aux générations futures,

    - quand je travaille pour acheter, je me soumets, à l’employeur ou aux clients, pour devenir réellement majeur à 65 ans, pouvant enfin exercer le droit de disposer de moi-même, mais un peu tard pour explorer le possible,

    - quand je me marie et procrée, je crée dans la chaumière un dedans d’amour et de partage, et un dehors cynique de calcul et d’échange,

    - quand je vote, c’est pour pérenniser mes nuisances, ma soumission et mon cynisme,

    - quand je me distrais, c’est pour voir à la télé la France gagner.

    Le « travail, famille, patrie » de Vichy était moins hypocrite que « liberté, égalité, fraternité ».

    3. La vie qu’on me propose n’est pas généralisable à tous les humains.

    Les français vivent sur 2 France. Il faudrait 3 planètes pour que tout le monde vive comme nous. Ce qui risque de générer des conflits sanglants lorsqu’il faudra partager les ressources naturelles.

    Pour y remédier, quelques masos préconisent la décroissance économique. D’autres préconisent un retour en arrière de quelques décennies. Qui commence ? Quand ?

    Les plus optimistes pensent que la croissance peut se poursuivre indéfiniment si elle ne porte que sur les services qui ne consommeraient ni matières premières ni énergie. Chez nous peut-être, (et encore : comment viennent-ils à moi ? ). Mais chez les autres qui n’ont pas le minimum vital ? Bande de farceurs, va !

    4. La vie qu’on me propose n’a rien de passionnant

    Les mal lotis de la planète expriment des revendications claires. Et les remèdes sont connus, même s’ils tardent à être mis en oeuvre. Mais les nantis aussi se plaignent. Ils éprouvent des insatisfactions obscures, qui font penser que les humains n’ont pas encore trouvé l’idéal de vie qui leur convient, ni la société qui va avec. La jet-set s’emmerde, et le reste du monde l’envie.

    Or il y a marché de dupes si nous proposons aux nécessiteux de troquer leur malheur contre notre malaise alors que nous leur faisons miroiter un bonheur que nous n’avons pas nous-mêmes su trouver. Il y a donc une urgence théorique à diagnostiquer l’erreur commise par ceux qui ont les moyens de faire tout ce qu’ils veulent, et qui finalement ne les satisfait pas.

    alors, que faire ?

    Si je suis un humain normalement constitué, ni zombi ni robot, je dois choisir une autre voie. Car si personne ne peut avoir la prétention de changer le monde, chacun doit cependant considérer comme une exigence éthique minimum de tenter de le faire, car on ne peut pas le laisser aller comme il va. L’état de la planète venant de la somme des comportements individuels, celui qui ne contribue pas à le modifier contribue à le maintenir.

    Or la catastrophe écologique s’annonce. Moi qui ai connu les grandes Causes, la faim dans le monde, la peine de mort, le délit d’opinion, les dictatures sanguinaires, le mur de Berlin, les mines antipersonnelles, etc. et qui croyais que la question centrale était politique, jamais je n’aurais pensé que le problème prioritaire de l’Humanité pouvait devenir bêtement… climatique !
    L’UTOPIE DU PHILOSOPHE INUIT APER SONN

    Le monde idéal selon Sonn est un réseau de « lieux » sans propriétaire, le lieu étant la seule unité économique, politique et sociale.

    Il n’y a ni communes, ni départements, ni régions, ni nations, donc pas d’élus ni de gouvernants.

    Chaque lieu est équipé des moyens de production des besoins élémentaires de la vie quotidienne (nourriture, vêtements, énergie, construction, mobilier, …), ainsi que des moyens de communication, d’expression et d’accès à la culture.

    Chaque lieu dispose en plus des moyens d’assurer une ou plusieurs productions spécialisées, destinées à être distribuées aux autres lieux d’une même vallée ou d’une même région (poterie, imprimerie, filature, recherche, hôpital, aéroport, Eurodisney…).

    Chaque lieu comporte une chambre ou une cabane par habitant.

    Ces lieux sont gérés par ceux qui y séjournent (10-20 personnes), organisés en associations paysannes très techniques. Ils décident à l’unanimité exprimée. Les personnes ne possèdent rien, mais sont assurées de pouvoir survivre, communiquer, s’exprimer et se cultiver, où qu’elles aillent.

    Des accords sont passés entre les habitants d’un lieu, qui peuvent à tout moment être modifiés, les associations étant réunies en assemblée générale 3 fois par jour lors des repas.

    Les associations coordonnent leurs activités entre elles, pour réaliser une route (entre Toulouse et Gaillac) par exemple, chaque partie de la route étant réalisée et entretenue par les habitants du lieu où elle passe.
    CARACTERISTIQUES REMARQUABLES DE L’UTOPIE DE SONN

    1. La principale caractéristique est qu’il s’agit d’une utopie topique, càd. fondée sur le lieu (ce qui est un comble pour une u-topie) et non pas sur la personne ou le groupe social.

    2. Elle est fondamentalement écologique, car elle est fondée sur le lieu en tant que milieu. Dans les lieux « Sonn », on a son empreinte écologique sous les yeux. Si on commet une erreur, on s’en aperçoit tout de suite et on corrige le tir. Cette utopie permet de vivre sans nuire, à la planète, aux autres (surtout au Sud) et aux générations futures.

    3. La propriété des moyens de production n’est ni privée ni collective, elle est absente.

    4. De même l’argent est inutile car il n’y a pas d’échanges, mais que du partage.

    5. Cette utopie n’est ni individualiste ni collectiviste. Elle est existentialiste.

    6. Toute l’économie est domestique et la production décentralisée, il n’y a pas d’usines mais que des ateliers et des laboratoires. L’inconvénient de la diminution des économies d’échelle à la production est compensé par la suppression de la distribution et par les économies d’échelle à la consommation.

    7. Elle résout de manière originale la question des rapports du capital et du travail, en supprimant à la fois le capital et le travail en tant qu’activité séparée : il n’y a que de la valeur d’usage.

    8. Il n’y a pas besoin de lois qui s’imposent à tous au nom d’un Bien et d’un Mal qui plane au-dessus des individus. Il n’y a que des conventions. Elle est donc amorale.

    9. Le monde de Sonn fonctionne en démocratie directe, ce qui n’est possible que parce qu’il fonctionne aussi en économie directe.

    10. N’étant pas assistés, les personnes sont des êtres responsables, qui décident souverainement, après concertation avec les autres. Les groupes définissent, les personnes agissent.

    11. La coordination, organisation horizontale, remplace la fédération (qui est une structure pyramidale comme la démocratie à la française sauf que les décisions montent au lieu de descendre). Les habitants d’un même lieu coordonnent leurs activités personnelles, les habitants de lieux contigus ou en chapelet coordonnent les décisions qui restent toujours locales.

    12. L’autoproduction diminue fortement la consommation d’énergie pour les transports.

    Il n’y a pas à faire venir de loin les ingrédients nécessaires à la production centralisée. Pas de grands trajets domicile – travail, pas de distribution.

    13. Toute l’énergie consommée est produite sur place avec les sources disponibles.

    14. En autoproduction, on mesure directement l’effort qu’il faut faire pour obtenir un bien ou un service donné. On peut choisir d’y renoncer ou non.

    15. Ce qui se vit dans les lieux n’est pas prévu ni prévisible. Selon les personnes présentes, ça peut être le paradis ou l’enfer. La dimension historique n’est pas confisquée par la société. Le lieu en tant que milieu est l’élément de sécurité, de stabilité, anhistorique, laissant le champ libre au développement des histoires personnelles.

    16. L’utopie de Sonn représente une solution inédite parmi les utopies :

    au lieu d’imposer le remplacement d’une société par une autre, elle permet la superposition (non étanche) dans l’espace de la société existante et de la sienne : sachant que la croissance actuelle génère l’exclusion d’un nombre croissant de personnes (est-elle possible sans cela ? ), les 2 modes de production, l’un par délégation, réservé aux accros de la consommation, l’autre domestique et pratiqué par les exclus volontaires, peuvent se superposer, tout consommateur qui se retire laissant sa place à un exclu forcé qui peut du coup « s’insérer », s’il aime ça.

    17. Chacun peut donc s’en inspirer chez lui pour la réaliser plus ou moins, car en tant qu’économie domestique, elle ne sort pas de la sphère privée.
    COMMENTAIRES

    1. Les maîtres du monde ne sont pas ceux qu’on dit :

    Il y a 2 lectures possibles de l’état du monde actuel, pas forcément contradictoires, l’une héritée de Marx et bien connue grâce au « Monde diplo »

    Chez nous, au 19° siècle, les choses étaient claires

    Le concept de consommateur est un produit relativement nouveau, mis au point peu à peu au cours des trente glorieuses, et actuellement en pleine généralisation.

    C’est le dernier avatar de l’essentialisme hérité des grecs (chacun réalise individuellement l’essence de l’Homme), réduit à sa plus simple expression.

    Le consommateur détient un pouvoir dont il jouit en tant qu’exercice de la liberté, le pouvoir d’achat. Ce pouvoir est énorme, vu que tous les producteurs, de biens, de services, d’idées politiques, de paysage audiovisuel… se prosternent à ses pieds.

    Mais c’est son seul pouvoir. Il n’a pas de pouvoir de discernement. Il est irresponsable. Ou comme l’âne derrière la carotte. Mais l’âne est protégé par la loi contre le producteur de carottes véreuses. Même quand il se surendette (abus de pouvoir… d’achat), il est encore partiellement irresponsable, victime. Il est comme Eve devant le serpent. Mais notre loi non divine s’en prend plutôt au serpent, et protège le consommateur contre lui-même (vous vous rendez compte ! ) en limitant le droit des vendeurs à le tenter. Le Code de la consommation fondé sur la protection du consommateur innocent, naïf et victime de la tentation, un enfant en somme, un incapable au sens juridique, se trouve en contradiction avec le Code civil fondé sur la volonté de la personne.

    Les victimes d’un crash aérien ne sont plus les morts (ils ne peuvent plus consommer), mais les familles des morts, qu’on aide financièrement à faire leur « travail de deuil », le travail le mieux rémunéré qui soit.

    Mais cet irresponsable, cette victime, n’est pas malheureuse mais furieuse quand un malheur lui arrive, et a des moyens efficaces pour se défendre, car tout malheur a une cause, et la cause un auteur, qui doit payer. Quand par accident un consommateur est une vraie victime, il fait la « une » des médias, et son problème s’arrange automatiquement. Il y a des émissions télé spécialisées qui s’adressent aux frères consommateurs.

    Quand des salariés ou des agriculteurs manifestent pour défendre leur pouvoir d’achat, ce n’est pas une revendication de producteur mais de consommateur. La Conf’ et la CGT n’ont rien à voir là dedans. Qu’ils défilent donc avec « Que choisir » !

    L’émergence de cette figure nouvelle du Consommateur démocrate (le pouvoir du peuple est le pouvoir d’achat) est le fait marquant du 20°s.

    Le consommateur est un despote qui exerce son pouvoir d’achat. Il décide de ce qui existe et ne survit pas. On lui offre ce qu’il demande. Il a la loi pour lui, la loi du marché. Tout ce qui lui plaît se multiplie, ce qui ne l’intéresse pas disparaît.

    Le consommateur dit : « Qu’est-ce que j’aimerais habiter un endroit sauvage au bord de la mer ! », et aussitôt des nuées de promoteurs serviles se mettent à bétonner fiévreusement des tas d’endroits sauvages pour y entasser les consommateurs de sauvagerie. Il aime le sport de haut niveau et il aime cette expression. Il aime le sport que font les autres. Et les grands stades fleurissent. S’il n’aime pas l’insécurité près de chez lui, aussitôt les politiques lui envoient des bataillons de policiers de proximité. Quelle idée d’habiter une cité sensible !

    Mais il passe une grande partie de sa vie à mériter son pouvoir. Il trime, bosse, galère…pour accéder au pouvoir suprême, le pouvoir d’achat. Il est prêt aussi à beaucoup de bassesses, saloperies, hypocrisies, se syndique, manifeste, pour augmenter son pouvoir (d’achat).

    Ces 2 lectures d’une même réalité induisent chez les contestataires de l’ordre établi des stratégies et des tactiques opposées, (ce qui ne les empêchent pas de participer aux mêmes colloques).

    Pour les uns, le changement social est collectif, donc institutionnel, donc politique.

    Pour les autres, il est individuel, donc comportemental, donc économique.

    Or il est intéressant de noter que dans la politique, où les décisions se prennent à la moitié-plus-un, les minorités n’ont pas de pouvoir direct, alors que dans le domaine de l’économie où on vote avec le caddie, il n’y a pas besoin d’être nombreux pour être efficace. Si les gens le remplissent de 2% en plus, ils créent des milliers d’emplois, 2% en moins, ils les détruisent.

    2. à propos d’économie domestique

    Les humains, pour élever leur niveau de vie et de sécurité, ont misés sur la division technique du travail et la concentration des moyens de production. Partant d’une société où on faisait tout soi-même pour passer à une société où on fait tout faire par les autres, le progrès technique a été presqu’uniquement consacré aux modes de production centralisés, alors qu’il aurait pu être consacré, en partie au moins, à développer la capacité des personnes à intervenir elles-mêmes sur leurs conditions d’existence (ex : machine à laver plutôt que laverie).

    La distribution fait perdre une grande partie des économies d’échelle obtenues par la concentration des moyens de production (ne serait-ce pas plutôt par l’uniformisation des produits ? ). Elle double le coût des produits dans le système production centralisée / consommation dispersée.

    3. à propos d’économie communautaire

    L’organisation de notre société autour de la famille, charmante institution, est techniquement particulièrement inefficace : il y avait 2 manières de faire des économies d’échelle, concentrer la production, et concentrer la consommation, ce qu’on fait dans les cantines par exemple. Un peu des 2 est la solution la plus efficace. Quelques familles regroupées en communauté font des économies considérables, de temps et de moyens. L’économie domestique familiale ne peut être que limitée.

    Or les gens hésitent à s’associer : ils ont peur d’y perdre en liberté individuelle.

    Pourtant on peut faire à deux des choses qu’on ne peut faire seul. Je ne vous fais pas de dessin.

    On peut faire à vingt des choses qu’on ne peut faire à deux.

    On peut faire à deux mille des choses qu’on ne peut faire à vingt.

    De même on peut avoir à deux des choses qu’on ne peut avoir seul, à 20 plus qu’à 2….

    S’associer, est-ce un gain ou une perte de liberté ?

    Seul, on fait ce qu’on peut, pas ce qu’on veut.

    4. Soit deux voisins.

    L’un s’est construit une piscine, l’autre un court de tennis. Ils conviennent ensemble de mettre leurs biens en commun. Ils se retrouvent donc chacun bénéficiaires à la fois d’une piscine et d’un court de tennis sans bourse délier, sans s’être fiscalement enrichis. Sans compter qu’il faut être deux pour jouer au tennis et s’éclabousser. (Dans un SEL, ils auraient échangé une heure de piscine contre une heure de tennis. Ridicule).

    Soit trois voisins. L’un possède une machine à laver, l’autre une automobile, le troisième une femme… L’économie peut devenir considérable.

    Soit quinze voisins. Ils conviennent de mettre en commun leurs biens, et atteignent un niveau de vie luxueux avec des ressources ordinaires. Au bout d’un certain temps, il y a survenance d’enfants comme disent les juristes. Ils ajoutent leurs ressources à ce qui a déjà été mis en commun. Quelques générations plus tard, l’endroit est méconnaissable : piste de décollage des jets privés, golf…

    Soit soixante millions de voisins. Ils conviennent de mettre en commun leurs biens, écoles, hôpitaux, domaine skiable, les pavés et la plage.

    Moralité : la famille est le mode de reproduction d’une société le moins rentable qui soit pour la personne. La fiscalité, qui s’occupe de la mise en commun d’une partie des revenus des ménages, s’emploie à le montrer. Sachant que le prélèvement fiscal représente environ la moitié du revenu des ménages, on peut apprécier tout ce qu’un ménage peut s’offrir autour de sa chaumière, comparé à ce qu’il réussit à s’offrir à l’intérieur : avec une moitié de ses revenus il s’offre un mixer, une télé et une machine à laver, avec l’autre moitié, la rue de Rivoli, le Rafale et le Charles de Gaulle, la pyramide du Louvre, Notre Dame et la vôtre, j’en passe et des meilleures.

    La supériorité de la mise en commun sur la séparation, et du partage sur l’échange n’est plus à prouver.

    Qu’attendez-vous pour vous associer dans votre vie privée, pour associer vos vies privées ? Pour mettre en commun au lieu de séparer, partager au lieu d’échanger ?

    On peut envisager des cas de figures plus tordus :

    Soit deux voisins. L’un dispose de 900 F, l’autre de 100 F. Aimant tous deux la musique, ils s’offrent ensemble un lecteur de CD à 1000 F. Le premier est-il lésé, ayant contribué beaucoup plus au résultat commun ? Mais sans le second, il n’écouterait pas de musique ! Et leur future discothèque sera plus étoffée et sans doublons.

    Federico et Pablo décident de souper ensemble au restaurant, après une journée de labeur. Federico est tourneur-fraiseur chez Renault, Pablo est artiste-peintre.

    Chacun paye la moitié de l’addition. L’affaire semble équitable. Pourtant Federico a dépensé ce qu’il a gagné dans la journée, Pablo a gagné dans la journée de quoi manger au restaurant jusqu’à la fin de ses jours. Car Pablo, peintre connu, détient un monopole : son travail est évalué sans aucun rapport avec son prix de revient, alors que le travail de Federico est rémunéré au plus juste pour assurer la compétitivité des produits de son travail sans affamer les actionnaires.

    5. L’utopie de Sonn comme alternative à la décroissance.

    La décroissance ne peut qu’être une conséquence, pas un objectif. Le thème de la décroissance pose le problème économique à l’envers : la question n’est pas de savoir à quoi on va renoncer, mais savoir ce qu’on veut produire, sachant avec précision l’impact induit en amont et en aval.

    Quand on se fait ramasser ses ordures ménagères par des immigrés, on ne gère pas sa production d’ordures de la même manière que si on décide de les traiter soi-même. Le tas diminue alors.

    Et le nombre d’occidentaux prêts à cultiver leur café sous le soleil est sans doute réduit. La majorité boirait des tisanes avec plaisir.

    Peut-être que si on affichait dans les grandes surfaces le prix réel des produits incluant les coûts indirects payés par le consommateur (aides agricoles, coûts sociaux et écologiques…), le jeu de l’offre et de la demande évoluerait.

    6. à propos d’échange et de partage

    On échange ce qui a été préalablement séparé, réparti. On partage ce qui a été préalablement réuni, mis en commun. Echange et partage sont deux opérations sociales opposées qui mènent au même résultat : chacun se retrouve avec ce qu’il convoitait. Mais ils impliquent en amont une autre organisation sociale.

    La ville comme collection d’habitats séparés est un lieu d’échanges maximum. Le foyer familial un lieu de partage. La famille est une unité spatiale, une situation. Elle raisonne ses rapports avec l’extérieur en termes d’import-export (importation de biens et services, exportation de temps).

    Cette topographie des rapports entre les bipèdes est généralisable : on peut échanger des idées préalablement séparées ou partager des idées préalablement mises en commun, des sentiments, des conflits,des rapports de force ..etc..Un conflit par exemple implique une séparation préalable des intérêts personnels en jeu.

    La question éclairante est toujours de savoir où, quand et comment a eu « lieu » la séparation ou la réunion des biens, services, valeurs, idées… qui ont été ultérieurement échangés ou partagés. Leur légitimité en dépend.

    7. Echange et partage de biens

    On échange deux choses, on en partage une. On peut donc échanger des choses de nature différente, le partage porte sur la même chose.

    L’échange donne lieu à évaluation, il introduit le calcul entre les humains et ouvre la porte aux mesquineries, conflits…Or le calcul entre humains est inhumain.

    Le partage, ne nécessitant pas de conversion, introduit la question de la justice sociale : le partage doit être équitable, concept relativement objectif.

    L’échange inégal est toujours injuste, portant sur 2 choses différentes, ce qui nécessite une unité de mesure (l’argent, les grains de sel, les heures…). Or l’échange est toujours un peu inégal. Donc l’échange est toujours un peu injuste. D’ailleurs tout le monde le sait (« je me suis fait avoir », ou « j’ai fait une bonne affaire »).

    Le partage par contre est visible, donc facile à rendre juste.

    Quoiqu’il en soit, lorsqu’il s’agit d’objets, de biens meubles comme disent les juristes, les mots échange et partage ne constituent pas un abus de langage, ils correspondent à une réalité. L’échange est un double transfert de propriété, et le partage la division d’une chose divisible. Jusque-là, je comprends l’économie.

    8. Echange et partage de services, càd de temps.

    Tu me bêches mon jardin et je te donne une leçon d’anglais (principe du Système d’Echange Local). Le temps a-t-il été échangé ? Le fisc appelle ça une double vente de service, moi une double perte de temps personnel, même si je n’ai pas perdu de temps comptable : ma vie a été amputée d’un petit bout de temps et la tienne aussi. L’affaire est équitable mais stupide. Encore que si avec l’anglais que je t’ai appris tu te lances dans le commerce international qui te rapportera une fortune alors que mon jardin me rapportera quelques légumes …

    Le partage du temps par contre s’appelle aussi convivialité ou collaboration ou solidarité ou fraternité ou entr’aide, selon les lieux, les époques et les sensibilités.

    Il ne peut donc pas y avoir échange de temps mais seulement partage.

    L’échange de services est un abus de langage qui désigne un double don, càd. une double perte, comme tout don qui se respecte.

    9. Echange de temps contre des biens.

    L’échange injuste par excellence, aucun bien ne pouvant valoir mon temps de vie, et pourtant fondateur du lien social : pour bénéficier des bienfaits de la vie en communauté nationale, je dois payer ma part en temps de vie.

    Il ne peut pas y avoir partage puisqu’il faut 2 choses et qu’on en partage une.

    10. Echange de biens contre du temps

    C’est une absurdité qui met en évidence l’irréversibilité de l’échange de temps contre des biens, càd. l’impossibilité de changer d’avis.

    11. Echange forfaitaire de temps contre de l’argent : l’exercice d’une profession

    Le travail, la profession, le métier, c’est l’échange forfaitaire de temps contre des biens ou services par l’intermédiaire de l’argent, la valeur horaire de mon temps constituant le forfait (perpétré contre moi).

    Dans la conversion forfaitaire du temps en biens ou services, l’argent n’est pas qu’un intermédiaire commode entre 2 échanges, il est le facteur de conversion du temps de vie personnel en une valeur matérielle, la transformation d’un bien personnel non transmissible, le vécu, en une valeur comptable, échangeable.

    Il faut abolir le travail.

    Cette conversion est irréversible : l’argent ne peut pas être échangé contre du temps.

    Je peux acheter le temps des autres, je ne peux pas racheter le mien. Il est passé.

    Quand je pose mon crayon et que je le reprends une heure plus tard, le temps n’a pas passé pour lui entre temps ; je le reprends au point où je l’avais laissé. Mais moi, quand je pars le matin pour travailler et que je rentre le soir, je n’en suis plus où ma femme m’avait laissé ; j’ai vieilli, elle aussi.

    Et, de jour en jour, ça finit par compter, le temps que j’aurai passé à vieillir sans elle et elle sans moi. La perte de temps se verra.

    Il faut abolir le travail.

    Le principe-même de l’exercice d’une profession comme temps personnel échangé contre de l’argent est inhumain : réduction du vécu personnel, existentiel à une conception comptable de la vie en heures, en mois, en années. D’où cette vision de la retraite comme « temps retrouvé ».

    Il faut abolir le travail.

    Il est inhumain aussi parce que le calcul entre les humains en termes de rapport temps / produit génère des mesquineries inépuisables, des conflits définitifs (une succession est le partage du temps capitalisé du défunt).

    Il faut abolir le travail.

    Il constitue une servitude : l’adhésion à ce fonctionnement social représente une servitude permanente, d’horaire, de rendement, d’évaluation, de prévision, de comptabilisation…L’exercice d’une activité rémunérée représente en soi une atteinte au droit des personnes à disposer d’elles-mêmes.

    Il faut abolir le travail.

    C’est un marché de dupes : le principe économique fondamental qui consiste à effectuer cette aberration humaine et irréversible de convertir du temps vécu en argent, est en plus une imposture parce qu’il nous propose un leurre, quelque chose qui court toujours devant nous. Le principe-même est vicieux : il contient en lui-même l’impossibilité d’obtenir ce qu’il annonce : La recherche du bonheur est son fonds de commerce, mais il ne faut surtout pas le trouver. A peine on tient un bout que le suivant nous manque. Vivre sa vie sur le mode du manque, càd en permanence en avance sur le présent, fait qu’on ne vit pas réellement puisqu’on vit virtuellement. On arrive au bout de sa vie sans avoir vécu réellement. Convoiter empêche de vivre.

    Il faut abolir le travail.

    Si la qualité de la vie est proportionnelle à la quantité de biens ou services dont on peut disposer, le bonheur est mesurable : le plus riche (Bill Gates) fournit la référence, il est heureux. Tous les autres sont malheureux, plus ou moins. De toute façon insatisfaits en permanence, toute leur vie, parce que leur position entre le plus pauvre et le plus riche est toujours améliorable. On peut toujours grignoter quelques places.

    Il faut abolir le travail.

    Le salariat nous infantilise : le contrat de travail d’un salarié est défini juridiquement comme un contrat de subordination, ce qui serait contraire à la Déclaration universelle des droits de l’homme (nous sommes tous égaux en droit) si elle (la subordination) n’était volontaire. Mais l’est-elle ? Quant au travailleur indépendant, celui qui est soi-disant « à son compte », il a des comptes à rendre à son client toujours prêt à comparer le prix et le service. Subordonné, comptes à rendre, est-ce un statut d’adulte, libre et responsable ?

    Il faut abolir le travail.

    Produire dix mille choses par lesquelles on n’est pas concerné pour pouvoir s’en payer quelques autres est une opération peu motivante pour bien faire.

    Il faut abolir le travail.
    CONCLUSION

    Une utopie se distingue d’un projet de société par le fait qu’elle n’espère pas sa réalisation. Car elle sait que nul ne peut souhaiter de quoi la vie d’autrui sera faite.

    L’utopie se situe à un point où le possible et l’impossible ne se distinguent pas encore.

    Un projet est réaliste ou irréaliste. Une utopie est toujours surréaliste. Et l’utopiste farceur.

    Une utopie est l’ensemble des idées qu’on a à l’esprit quand on définit un projet qu’on veut réaliser. L’utopie représente la part non raisonnable, illimitée, qu’on met en regard des contingences inévitables, limitantes, dans la définition d’un projet.

    L’utopie de Sonn ne fait pas exception à la règle. Elle est disponible pour circuler dans les têtes et influer sur les actes de la vie quotidienne, comme l’utopie de l’american way of life circule dans les têtes africaines, indiennes, etc.

    Mais elle nous permet de ne pas désespérer, d’entreprendre quelque chose, dans la voie du développement de l’économie domestique par exemple, seul développement durable qui ne soit pas un oxymore.

    Voilà. J’ai fini de défaire l’économique et de refaire l’humain.

    P.S. : le philosophe inuit Aper Sonn n’est pas une personne mais un jeu de mot programmatique.

    Diogène, la nef des fous