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ACTA Démasqué par les Anonymous

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À la Bastille, les Anonymous ont retroussé leurs manches. Le 11 février dernier, quelque 2000 citoyens – anonymes (!) pour la plupart – ont défilé masque au nez pour dénoncer l’ACTA, un traité international anti-contrefaçon. Depuis ce haut lieu de contestation jusqu’à la place des Victoires. Aidée par Julien Boluen à la caméra (merci à lui), Jeanne Nouchi signe ici son premier reportage pour LaTéléLibre. Bienvenue à elle!

Nous, on est conscient de ce qu’est ACTA depuis des mois et on sait que c’est négocié en secret mais la classe politique et les médias font mine de le découvrir!

D’entrée, sous la Colonne de Juillet, un homme au mégaphone harangue la foule. Initiée par les Anonymous, la manifestation rallie de nombreux citoyens en colère contre les négociations pour le moins non-démocratiques, du traité débattu secrètement par 39 pays – les 27 de l’Union européenne inclus -, entre 2007 et 2010.

Sur Internet comme en ville, les protestataires dénoncent ACTA comme une offensive contre le partage de la culture. En cause? « Un traité qui vise la mise en place de nouvelles sanctions pénales forçant les acteurs de l’Internet à surveiller et à censurer les communications en ligne« , soulignent-ils, avant d’ajouter: « ACTA est donc une menace majeure pour la liberté d’expression en ligne et un danger pour la liberté en général ».

Sur place, les Anonymous ont insisté sur un point. Pour eux, ACTA n’est pas seulement une menace pour les libertés informatiques, la libre circulation des médicaments génériques dans les pays du Sud le sont aussi au nom de la lutte contre la contrefaçon.

Le traité pourrait « confondre » faux médicaments et médicaments génériques sans licence

 Les génériques, notamment ceux produits en Inde, sont reconnus dans certains pays et approuvés par l’Organisation mondiale de la santé. Mais ils restent sous monopole de brevets dans de nombreux pays où ils passent en transit.

Le 9 février dernier, le sénateur belge du Centre Démocrate Humaniste André du Bus a exprimé ses craintes contre le projet ACTA. La loi qui régit les brevets des médicaments est particulièrement compliquée. En gros, l’OMS a prévu de forcer les labos à débloquer leurs brevets pour soigner à moindre coût des malades dans les pays pauvres. Les tri-thérapies ont pu ainsi être produites en Afrique du Sud et en Inde pour les malades du Tiers Monde. Le principe d’ACTA pourrait remettre en cause ces dérogations, alerte André du Bus : « ACTA est dangereux car il systématiserait des mesures de blocage de médicaments génériques, traités comme de la contrefaçon ».

Avec le projet de loi ACTA, on voit le mouvement des Anonymous prendre une nouvelle forme de contestation. « N’importe qui peut être Anonymous. Aujourd’hui on est là pour défendre nos droits de citoyen, lutter pour notre liberté, et pour ça on peut tous se prétendre Anonymous », affirme un homme qui porte le masque de Guy Fawkes. Nous sommes « in vox populis » (« la voix du peuple ») s’enorgueille-t-il.

 

C’est la fin de la manifestation sur la place des Victoires et deux rassemblements fusionnent. Par hasard, mais aussi par solidarité, les anti-ACTA rejoignent les Syriens en lutte contre le régime de Damas. « On est ensemble pour des causes humaines avant tout » s’exclame une militante syrienne. Le masque « V » est devenu un symbole de protestation mondiale comme un indice de ralliement pour les Anonymous et les « Indignés » du monde entier. Masqués ou démasqués, anonymes ou dévoilés, hackers ou non, ils se sont réunis au nom de la liberté d’expression.

Jeanne Nouchi
Image: Julien Boluen
Montage: Arnaud Pepenka (un nouveau aussi, merci!)

Dernière minute

Face à la contestation internationale du projet ACTA, la Commission européenne a annoncé, ce mercredi 22 février, vouloir s’en remettre à la Cour de justice de l’UE pour décider de l’avenir du traité. Jugé imprécis et trop répressif, l’ACTA est fortement critiqué par la plupart des pays européens. Embêtée par un refus européen unanime, la Commission a exprimé son intention de « demander à la plus haute cour en Europe si ACTA est d’une manière ou une autre incompatible avec les droits fondamentaux et les libertés fondamentales de l’Union Européenne, comme la liberté d’expression, d’information ou la protection des données ». Pas mal non?

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