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Sarko-Hollande: Ligne de Fracture dans le Métro Parisien

Publié le | par

Ligne 1 du Métro parisien: Vincennes ou Concorde? Hollande ou Sarkozy? Dimanche 15 avril, jour du marathon de Paris, il fallait choisir. Nicolas Sarkozy et François Hollande ayant programmés leur meeting à la même heure, c’était une journée de fracture sur cette ligne de Métro qui desservait les deux forces en présence. LaTéléLibre a choisi de réaliser un reportage croisé et itinérant entre deux horizons politiques pour un seul et même pays.

Stations « Concorde » VS « Château de Vincennes »

 

Journaliste : John Paul Lepers
Caméraman : Mathieu Martin
Monteur : Etienne Broquet
Rédacteur : Clément Montfort

Retour sur une journée bipolaire…

« Discours à 16h ».

D’un coté à l’autre de Paris ce dimanche 15 Avril, les agendas de campagne ont mis en place une confrontation froide et indirecte … S’il s’agissait bien, pour les deux favoris de cette élection présidentielle, de mesurer leur capacité à rassembler les foules, c’est au contraire une extraordinaire division, bipolaire et urbaine, que l’on pouvait observer. Une occasion parfaite pour constater, à 25 minutes de métro près, les motivations citoyennes opposées et les regards croisés, de deux électorats qui, à une semaine du premier tour, se croisent sans se comprendre…

12:30 – « Le contact humain » : Méthode Obama au Château de Vincennes…

A gauche comme à droite, les discours sont prévus 16h. Ici, à Vincennes pour le moment, l’heure est aux derniers préparatifs pour les militants socialistes. Najat Belkacem et Aurélie Filippetti s’improvisent « chauffeuses de salle ». Au cas où l’on aurait le moindre doute sur l’enjeu de cette élection, les écrans géants nous le rappellent : « Le changement, c’est maintenant »… Sur cette scène, érigée devant le château, les musiciens de « Paris Bal Rock » accordent leurs instruments, sous les regards des irréductibles, bravant, sans sourciller, ce vent froid du nord. La playlist diffuse la reprise « Heroes », de David Bowie par Arcade Fire, parmi les artistes favoris déclarés par Obama. « We can be heroes, just for one day… ».

De nombreux jeunes militants s’efforcent, parmi les salves débarquant du métro, de recruter de nouveaux prosélytes socialistes pour étoffer les troupes du « Porte à Porte » lors de la dernière ligne droite. « On a repris cette technique sur celle d’Obama, parce qu’il reste toujours trop d’indécis (…) et, pour les gens, le fait d’avoir un contact direct avec un militant, on le voit sur place, fait beaucoup de plus d’effet qu’un simple tract, nous confie Elodie, jeune militante-recruteuse socialiste, C’est un contact humain avant tout ».

13:45 – « L’Education, c’est le changement » (Vincennes)

Devant cette immense place du château, à moitié vide pour l’instant, les militants s’interrogent sur l’affluence à l’autre bout de Paris. Mais la confiance semble régner malgré tout. « Je n’ai pas peur, parce que de toute façon tout se jouera dans les urnes, pas au meeting », affirme Sylvère, « mais on s’est quand même levé très tôt pour venir du Mans ce matin ». PES (Party Of European Socialists), LGBT, Jeunes Socialistes, de nombreux drapeaux flottent sur Vincennes à quelques minutes du début des interventions. Malgré le froid, des piques-niques s’improvisent sur le sol et la convivialité semble de mise.

Quel « Changement » avec Hollande ? Pour Logan, ce qui compte avant tout dans le programme de François Hollande c’est la priorité mise sur l’éducation. « J’ai choisi le PS parce que je suis attaché au Services Public et particulièrement à l’éducation. (…) Je pense que c’est ce qui compte le plus, avant la crise, avant la finance. ».

14:30 – Départ en Métro pour la Concorde.

 

15:00 – Arrivée à Concorde, « Ici monsieur, l’ambiance n’est pas à la fête »

Pas de pique nique improvisé, pas de groupe de musique, « Ici monsieur, l’ambiance n’est pas à la fête », m’adresse un militant sarkoziste lorsque je lui confie, en retirant mon badge presse « François Hollande », qui semait d’ailleurs malgré moi la confusion, que l’ambiance semble plus « austère » ici qu’à Vincennes. Par « austère », j’entendais solennelle, voire « dramatique ». En effet, à la tribune, les personnalités politiques se succèdent, Alain Juppé, Jean François Copé, invoquant tour à tour les « menaces » qui pèsent sur le pays et mobilisant les événements « fondateurs » de l’histoire nationale. « Souvenez-vous de vos livres d’Histoire », clame Jean François Copé en rappelant la bataille décisive d’Austerlitz. Effectivement, ici on ne plaisante pas. L’état d’esprit, belliqueux, est effectivement à la mobilisation générale – tendance de protection nationale – contre toutes les attaques extérieures et intérieures (Cette convocation par la peur n’est pas sans rappeler le documentaire La Stratégie du Choc, de Naomi Klein). Contrairement à Vincennes, le choix des drapeaux ici n’est pas sensé représenter la pluralité des mouvements, mais bien au contraire, seul l’étendard national est brandi ici.

15 :25 – Un homme pressé, un homme de valeurs

C’est avec une bonne demi heure d’avance sur l’horaire prévu que Nicolas Sarkozy commence son allocution après une entrée triomphante sur fond de tambours et mélodies galvanisantes. Les télés diffuseront ainsi son discours en direct, une façon de griller Hollande sur le poteau, qui sera donc diffusé en différé… « De toute façon, on a pas de temps à perdre. Nicolas est toujours actif, c’est ça qui me plait chez lui, c’est justement ça, il est capable de gérer tous les problèmes à la fois, Hollande est mou, que voulez-vous ? », répond Antoine, jeune militant UMP, à la question « Pourquoi Nicolas Sarkozy ? ». J’interroge un couple de retraité, sur leurs motivations partisanes. « Nous votons pour Sarkozy pour ses valeurs, parce qu’on a l’impression que tout dérape, et que les jeunes perdent leur repères ». Ce sentiment de « perte de contrôle » semble assez fort au près des militants UMPistes. Alors que je rebondis sur les valeurs, et le style présidentiel du président, je suis pris à parti par une quiquagénaire guadeloupéenne « Moi aussi j’aurais bien aimé être invité sur le Yaucht de Monsieur Bolloré ! Il est où est le problème ? Pourquoi devrait-on cacher ses amis, vous pouvez me le dire vous ? ».

16:20 – « Vive la République, et Vive la France ! »

« Oui, mais laquelle ? ». C’est sans conteste la question qui me vient à l’esprit à la fin du discours du candidat président et de ces rencontres croisées. La foule en liesse encourage une dernière fois son « leader charismatique », avant d’inonder les champs Elysées depuis la Concorde. Pas de vainqueur ce dimanche ? A l’issue de cette guerre des meetings, chacune des équipes de campagne revendique plus de 100 000 participants. Plus qu’un duel, ces rassemblements constituaient surtout une dernière occasion pour leurs candidats de rappeler un attachement aux valeurs et symboles qui fondent leurs unités respectives.

Clément Montfort

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Les commentaires (4)

  1. La bastille, ce sera un pour autre jour…
    En attendant, ce jour d’aujourd’hui est au rappel de l’oubli en Éric Charden que peut être Michel Delpêche…