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MONACO : BALLADE AU PARADIS

Publié le | par

VERSION COURTE DANS L’ARTICLE

10% DES IMPÔTS FRANÇAIS S’ÉVADENT DANS LES PARADIS FISCAUX

Alors que le G20 réunissait les grands pays à Washington, pour trouver une solution à la crise économique mondiale, une centaine de militants tentaient de manifester dans la principauté de Monaco, paradis fiscal aux portes de la France.

Policiers et hélicoptères étaient presque plus nombreux que les manifestants. Ils répondaient pourtant aux déclarations de Nicolas Sarkozy contre le capitalisme financier et les méchants paradis fiscaux. Philippe Maréchal, correspondant de LaTéléLibre dans le Gard avait cassé sa tirelire pour couvrir l’événement. Les paradis fiscaux dans le monde permettent l’évasion fiscale de 10% des impots français, soit 50 milliards d’euros! La principauté de Monaco est classée dans les trois paradis fiscaux européens « non coopératifs », avec le Liechtenstein et l’Andorre.
Voici, avec  la finesse, la poésie et la radicalité qui caractérise notre lutin des Cévennes, un reportage très personnel sur cette journée du samedi 15 novembre 2008
John Paul Lepers

Reportage: Philippe Maréchal
Montage: Olivier Joube

VERSION COURTE

LE TEXTE DE PHILIPPE PARU SUR SON BLOG

L’autoroute déroulait ses trois bandes de part et d’autres d’un muret en béton. La radio montée toujours d’un cran soulignait comme une voix off les images de paysages d’une Provence bétonnée, en arrière plan des cimes enneigées. Tout çà défilait  en cinémascope à travers le pare brise comme dans un road movies. J’allais à Monaco, ayant quitté les montagnes trois heures plus tôt alors qu’il faisait encore Nuit. J’étais monté dans ma caisse en ayant à peine pris le temps de gratter le givre sur les vitres et j’étais parti le bonnet sur la tête comme on part à la pêche et  engoncé dans une veste au dessus d’une polaire. Dans le journal du matin, la juge Eva Joly décrivait à Stéphane Paoli dans toute la largeur et dans ses moindres travers le fonctionnement des paradis fiscaux. Je me disais que je n’aimais déjà pas çà, la notion de paradis, ou plutôt l’espoir  chamallo d’un futur un peu merdique,  comme s’imaginer renaissant dans un endroit sirupeux au milieu des tronches de premier de la classe, mais là, sa description balançait comme un sac à vomi entre deux vieilles brinquebalées dans un car en excursion. Elle décrivait comment ces principautés, duchés et autres cailloux aux noms exotiques s’y prenaient pour sucer et rendre exsangues les économies des pays africains. Quand même, Je me demandais bien ce que j’allais y foutre à Monaco, comme si cet élan qui m’avait pris pour y aller, me donnait à présent l’allure d’un personnage de dessin animé qui continue à courir alors qu’il a déjà dépassé la falaise.

Correspondant d’une télé sur le web , j’allais jouer au reporter citoyen pour filmer une manifestation, on dit couvrir chez les pros, d’une poignée de militants aux portes de la principauté. J’y allais. J’avais dit, je m’étais dit ; donc j’y allais. Quant on peut, on veut, et quand on veut c’est qu’on a faim. Et tant qu’à vivre n’importe comment autant filmer n’importe quoi, et là c’était du lourd. Sur le parking d’une station d’autoroute je boulotais mon sandwich préparé la veille en zieutant un gros 4×4 immatriculé au Luxembourg, signe probable que j’abordais les contres allés du paradis déjà fréquentées dans les parages par ses anges joufflus et en ray bans. Il y avait aussi des belles petites voitures avec des beaux petits vieux dedans. Plein de petits vieux bien soignés, bien coiffés et bien habillés avec le GSM à la ceinture. Déjà aussi de belles voitures avec des dames bien bronzées qui plairaient à Berlusconi. C’est vrai qu’il faisait extraordinairement doux pour un mois de déprime et je tombais bonnet et veste. J’avais quitté le mois de novembre et je n’étais plus qu’à quelques dizaines de minutes de Monte Carle.

Je repartais et je poussais jusqu’au centre de la cité monégasque sans faire exprès tant la frontière entre la dernière ville limitrophe et la ville du prince parait inexistante. Tant pis, si la manif était prévue au Cap d’Ail, trop tard j’y étais et je décidais quand même de me laisser glisser comme les flux financiers sous les tunnels et de prendre le premier parking qui me trouverait. Ce fut le dernier qui me trouva, le parking de la digue, après c’est la mer. Quand j’ai ouvert la portière, je me suis dit qu’on aurait pu manger parterre tellement çà faisait propre et tellement çà faisait bizarre que çà fasse aussi propre dans un parking  aussi souterrain que bien peint. Mais quand même c’est une idée con de penser à manger parterre dans un parking, faut être un blaireau comme moi dans un endroit étonnant comme çà pour penser un truc pareil, que je me suis dit. Et puis, parking çà fait pas très classe pour ici, j’aurais plutôt appelé çà un rangement à voitures, comme on dit un rangement pour couverts en argent. Et je me suis dit que çà allait douiller. Plus loin, une grosse bagnole dormait sous une housse impeccable et au fond deux voutures un peu luxes n’arrivaient pas à remplir la cave toute neuve. J’en ressortais avec mon barda, mon pied de caméra, on œil numérique et mon sac à sandwich pain complet et bouteille d’eau qui fuit et puis mes polaires.

Le Soleil plein la gueule, la mer…les yachts. Putain de Yachts, grands comme des immeubles, lustrés comme des commodes empire, au milieu d’un port encombré de prétentions et d’un club de voile remplies de filles qui gloussaient en allant rejoindre l’aventure au-delà des jetées. Tout autour se dressait une imposante et foisonnante muraille de buildings coiffés çà et là de palmiers et dépassés de temps à autres de grues dont je me demandais à quelles constructions elles pouvaient servir vu le manque de place évident. Je me suis dit qu’il y a des immeubles qui doivent tomber dans l’eau pour faire de la place aux autres. Une densité incroyable. Allées et venues sur les quais, de joggers, de nourrices,  de chauffeurs, d’une armée de domestiques montant et descendant les échelles de coupées des somptueux navires, immatriculées qui, aux Iles Caïmans ou  Georges Town, ou bien battant pavillons britanniques, du Portugal ou de la planète Mars. Du plus gros fer à repasser au bateau à la Corto Maltèse en passant par un élégant vieux gréement style « Voiles de St Tropes », tous attendaient leurs riches armateurs, qui d’un clin d’œil, d’un caprice ou d’un coup de fil se prépareraient bientôt à appareiller ou bien semblant.  Des équipages briquaient coques et ponts, d’autres devisaient au soleil, désœuvrés comme une glandouille en zone de moyenne altitude.

Moi  j’en étais une qui en descendait ce matin et je déambulais, me grattant furieusement la tête et le reste accessoirement, signe que je feignais de craindre la panne sèche quant à l’inspiration journalistique. Je pensais à John Paul et à sa classe british avec deux poils de french touch en reportage et je me trouvais aussi élégant que la voiture de Colombo. Il était un peu plus de midi et les hirsutes,  les manifestants n’allaient pas pointer leurs pancartes,  et leurs savates avant 15 heures trente au-delà des limites de Monaco. Il fallait donc que je profite d’être dans la place pour filmer quelques plans, toujours çà de pris. Ce n’était finalement  pas une mauvaise chose que de me trouver sur le rocher monégasque tant je me disais que la gendarmesque affectée cette après midi au Cap d’ail pour la manifestation contre les paradis fiscaux auraient pu m’en interdire l’accès. Moi, j’allais faire le chemin à l’envers et aller à la rencontre des contestataires qui, je l’avais appris sur le net comme tout le monde, s’étaient donnés rendez vous de l’autre coté de la frontière. Surement que je n’étais pas seul à connaître ce détail, je n’allais pas tarder à m’en rendre compte.

bateau Monaco

Je quittais le port après une courte ballade sur le bateau bus, électrique de surcroit et comme moi affecté comme l’était  en son temps Escartefigue à Marseille, entre deux les quais d’un bassin rempli de yachts. J’ai pratiquement oublié de filmer parce que J’y ai surtout remarqué un couple à l’ accent russe, bronzés comme un lavabo en hiver et qui avait l’air au paradis, béats, bisous, re béats, Monaco tout autour et on s’en fout. Elle était plutôt jolie et était habillée très sexe et il était fou amoureux et plutôt chauve, « vous ne voulez pas descendre pour  Monte Carlo ? » leur a dit la dame qui était poète et qui faisait matelot tandis que son mari faisait capitaine en prose et propulseur d’étrave. Ils ont rigolé et se sont à nouveau embrassés. Comme moi, ils avaient l’ air un peu cons et ils tenaient à en profiter.

Après ce moment de bonheur, Je suis allé direct au pied de l’escalier à l’assaut de la résidence du prince Albert.  On pouvait entendre la noria des hélicoptères taxis qui font la navette entre l’aéroport de Nice et Monaco station, participant de leur mieux au réchauffement durable. Par le chemin des pêcheurs j’ai longé la mer puis par un escalator j’ai grimpé la citadelle. Je suis arrivé rincé comme une motion socialiste au pied du musée océanographique où des canadiens se faisaient pendre en photo devant un yellow submarine puis plus loin devant une machine à chenilles ayant servi à des lointaines expéditions polaires et moi je me cherchais un endroit un peu rigolo pour faire un plateau. C’est important le plateau, c’est la consigne. Je suis passé devant le palais cher au Commandant Cousteau qui avait vu juste, en déclarant « and it is a great dommage for the future générations » et puis je suis tombé en arrêt sur une statue de la pieuvre, un indice de taille pour mon sujet , et puis j’ai admiré la cathédrale, l’équivalent d’une église chez nous, et puis le Conseil national, l’équivalent de l’assemblée nationale chez nous et puis je me suis dit devant la taille des ces bâtiments, ici, l’essentiel est surement ailleurs. J’ai emprunté de jolies et proprettes petites ruelles commerçantes, ornées de jolis petits drapeaux monégasques qui ressemblent au drapeau polonais à l’envers ou aux barrières des passages à niveau quand elles sont relevées. Je dois dire que je me sentais comme à l’intérieur d’un film de Schreck où je m’attendais à voir débouler la princesse Fiona poursuivie par le ballon de la série anglaise des années soixante « le prisonnier ».

Tout m’a amené sur la place, jusqu’à des talons aiguilles sous des jambes fines et galbées que je poursuivais du regard et que même c’est à ce moment que le monteur de la télélibre m’a appelé sur mon portable, quand j’ai relevé la tête, c’était elle, la grande place devant le palais du Prince. Y’avaient trois policiers habillés comme des grooms qui sifflaient dès qu’un passant marchait en dehors de là où il est autorisé de marcher c’est-à-dire on ne sait pas trop. C’est un peu comme au foot  quand tu ne sais pas jouer et que tu es hors jeux. Tu te fais siffler. Tu protestes juste pour la forme et Tu te tires ailleurs où…je me suis  fait sifflé aussi en trébuchant sur mon pied de caméra… Le policier monégasque siffle beaucoup en faisant signe que non, c’est surement pour çà qu’il a des grosses joues toutes roses comme Oui-oui. Comme çà, il a pas l’air méchant mais il prend son travail au sérieux et on ne sait jamais, y ‘en a peut être d’autres planqués pas loin derrière. Devant le palais y’a des chaines qui délimitent une surface de réparation gardée par un goal coiffé d’un œuf de Pâques recouvert d’une feutrine bleue et qui évolue comme sa pensée dans une étroite guérite et qui n’a pas l’air de rire.  Je feinte, et j’évite de le filmer. En cette saison, peu de touristes,  en dehors des play-mobiles affectés à la sécurité, un camion de pompiers, rouges comme chez nous, quelques chinois et quelques vieux  qui arpentent la grande place sous le soleil de Bodega. Plus loin, surplombant de 35 mètres le port de Font Vielle, une batterie d’anciens canons veillent au grain accompagnés d’une pyramide de boulets soudés ordonnancés dans un élan poétique et en équilibre consternant.  Là, sous l’œil interloqués de trois touristes américains qui faisaient le poids des boulets, je le fais, mon plateau,…philippe marechal correspondant à…pour …en raison de… Et là je me dis que si je me dépêche pas, je vais louper la manifestation qui normalement devrait démarrer dans une demi heure au Cap d’Ail, la commune mitoyenne de Monaco, site qu’ont choisi les énergumènes pour bloquer symboliquement la route des flux financiers qui alimentent ces trous noirs de la finance que sont les paradis fiscaux. Je déboule les escaliers de la cité pour tenter de les trouver au sortir de la ville princière…plus loin en fait comme on le verra. Il fait de plus en plus chaud sous mes polaires et je serais bien allé prendre une bière…

…Eh ben non, c’est pas le moment d’une bière. Au dessus de Font vieille, les remparts, un terre plein, on domine la ville vers l’ouest, j’avais vu sur le deuxième port où les yachts sont plus modestes, le stade de foot et puis au-delà, Le Cap d’Ail, la commune française mitoyenne avec le « rocher ». Et c’est là que je devais aller et retrouver à l’heure la manif sous peine de transformer mon petit reportage en ballade de Robert dans une cité pour poupées Barbie. Courses dans les escaliers, retour dans la ville, les belles bagnoles, les décapotables, tiens, un escalator dans une grotte, arrivée dans un centre commercial pour troglodytes, au bout, la sortie près du port, re escalator, direction à peu près comme çà vers le stade….çà serait con d’avoir fait toute cette route et de louper le sujet de mon déplacement… putain y fait chaud ici…Je demande mon chemin, personnes n’est d’ici. Je suis nulle part et je cours vers ce qui me semble être la bonne direction. Escalier à nouveau, j’arrive en haut essoufflé. Je suis au Cap d’Ail à n’en point douter. La rue, la circulation, ah çà doit être par là, des flics… Ils m’observent.

C’est curieux ce sentiment d’insécurité quand un gardien de la paix vous observe. Je traverse et passe devant eux. J’en vois d’autres plus loin. C’est comme un parcours fléché, en bleu. Mais pas de manifestants à l’horizon. Je poursuis, une station de bus sur cette route en corniche. La ville est à flanc de la côte, la mer en bas, la montagne au dessus, faut monter. Encore des gendarmes, par petits groupes, positionnés tout le long de cette route qui va du Cap D’Ail vers Monaco, çà fait bien deux kilomètres comme çà. Ya un hélicoptère au dessus qui semble surveiller. Ah, enfin, ce qui de loin me semble être un manifestant, il a toute une panoplie de drapeaux. Il attend le bus. Il est pâle. Près de lui, des CRS, des gendarmes, en panoplie de play mobile, genouillères, brodequins, matraques, regards martiaux, inamicaux, tendus, soupçonneux, y’en a un qui venu vers moi à présent, il tripotte mon pied de caméra dissimulé dans un sac en toile, il me soupçonne de transporter quelque chose de suspect, pour lui c’est sur, y’a un point qui n’est pas clair, dans ma démarche. Je m’adresse au gars qui attendait le bus. Il me dit que la manif est regroupée  plus haut à deux kilomètres , car en dépit d’une autorisation de manifester, en fait c’est impossible ici…je sors ma caméra, pour les premières images, c’est un gars du syndicat Sud, pas le temps de poser ma première question, les gendarmes arrivent sur nous… cinq, six, plus…la tête rentrée dans les épaules, pas gentils…
– votre pièce d’identité…
– vous êtes journaliste ?
– non…
– Vous avez une carte de presse ?
– Je suis reporter citoyen pour La Télélibre..
– Vous n’avez pas le droit de faire des interviews dans la rue comme çà, sans autorisation, c’est interdit, y a des lois…
Il prend note des infos qu’il lit sur ma carte d’identité…
– Où habitez vous Monsieur Maréchal ?
– Comme c’est indiqué sur ma carte d’identité que vous lisez Monsieur…
– Attention…
– Valleraugue…Je ne crois pas ce que vous dites, Monsieur, j’ai le droit de filmer…

Les autres en bleus se rapprochent de moi, un poil oppressant, le gars qui attendait son bus est tout blanc et je me dis que je suis venu l’emmerder pour rien d’ailleurs ils contrôlent également son identité…merde, je repense, tout ce chemin peut être pour rien, faut calmer le jeu, je me connais, faut toujours que j’ouvre ma gueule…faut calmer le jeu j’ai des images à faire moi…et puis ma petite caméra…c’est con elle est allumée …mais elle n’enregistre pas…au moins j’aurais pu avoir un son…

– je vous conseille de ne pas insister, je vous le répète il y a des lois pour ce genre de choses, rangez votre matériel, vous n’avez pas le droit de filmer…
Un autre gendarme, me dit aussi de ne pas insister, genre j’énerve le chef…Je commence à ranger mon matos, tandis qu’il me rend ma carte, mais c’est plus fort que moi, j’aime pas qu’on me demande qui je suis et qu’on ne se présente pas en retour.
Ca me rappelle l’armée, la marine, les gendarmes maritimes qui prenaient un malin plaisir à fouiller mon sac, histoire de me faire louper mon train…
– et vous qui êtes vous monsieur le gendarme ?
Il est pas content…
-Vous êtes du Cap d’Ail ?
– monsieur on a été polis avec vous….
– Ah ben moi aussi…y’a pas d’raison… Ah ben dites dont…C’est mon coté élevé au Bourvil. Sauf que le De Funès du moment est moins drôle. Je sens que j’énerve, bon, faut pas, y’a mieux à faire…le bus arrive, je saute dedans, après avoir fait signe au gars du syndicat, on y va…je suis dedans…entrée en matière, je vais rejoindre la manifestation qui s’est donnée pour but de fermer symboliquement les portes du paradis fiscal….Tiens, ils m’ont laissé partir comme çà…

Les gens dans le bus me regardent. Depuis Monaco, j’ai encore Jet set chanté par Nougaro dans la tête, « Jet set, the people ». Je me dis que c’est nul, c’est pas grave pour moi, mais c’est juste désagréable et c’est nul. Tous ces flics.

Président Sarkozy fait semblant d’être  outré par les paradis fiscaux et en même temps ses gendarmes sont là à leurs frontières pour les protéger. Je repense au juge van Ruymbeke qui accusait nos dirigeants d’hypocrisie et ce matin, Eva Joly… quand même ces flics sont là pour intimider, empêcher, sont là pour protéger, les riches. Je descends deux stations plus loin. Les protestataires sont là, à l’orée…d’un bar. Y a un groupe que je me dis, les autres sont plus loin encore ou bien en retard…ben non y sont tous là, une petite centaine, à peine… y’a autant de gendarmes, regroupement, on y va disent ils, les pancartes, les drapeaux, ohé, ohé, les gendarmes barrent la route et s’opposent à toute progression, y’avait pourtant autorisation de manifester du préfet disent les frondeurs effrontés. Normalement aujourd’hui c’était prévu comme çà devant pas mal de paradis pendant la réunion du G 20.

En terrasse, les clients assistent à tout çà d’un air goguenard, ils n’approuvent pas, faut pas faire de bruit, foutez le camp. Un autre a le menton sur son demi et regarde le petit défilé, les yeux vides. Y a un coté pathétique, le nombre des manifestants, l’indifférence générale, la démesure des forces de police, les enjeux énormes autour des paradis fiscaux, l’hélicoptère qui tournoie au dessus, la colère digne des organisateurs… l’énergie de ce petit groupe qui tourne de temps en temps à la manif de droite, les slogans, un bus qui attend en sens inverse et qui ne peut pas passer, la joie d’un manifestant qui gueule content, on a réussit, on a fermé la route mène au paradis… J’interview les organisateurs, quelques participants, y a des caméras de France 3 et d’autres, des magnétos, des témoignages un gars de Rue 89 avec sa petite numérique, un clin d’œil, sympa, il me file sa carte, il est journaliste et toi qu’il me dit et ben moi…non plus. Je ne sais pas ce que je fais là, c’est comme çà depuis que je suis né, je sais pas ce qu’on fait là, des conneries surement, au milieu de tas de trucs pas justes. Et puis je reste au milieu, avec eux dans ce petit purgatoire, y’a une femme qui fait un reportage avec un crayon et un bloc, pour un journal qui s’appelle le Ravi, des crobars, quelques notes, je trouve çà, classe…

Les forces de l’ordre tiennent ferme, tentative de débordement dans une rue adjacente, même scénario, la rue est barrée par des uniformes. Vient l’idée de se servir du bus comme cheval de Troie. Le chauffeur du bus refuse, il fera demi tour…Je regarde le pochetron à la terrasse avec son demi, j’ai soif. Des images par ci, des images par là. Le temps passe. La manifestation n’ira pas plus loin en dépit de quelques fleurs que des filles tentent d’offrir aux gendarmes. Y’a un petit groupe de clowns manifestants pour détendre l’atmosphère en cas de… Et puis c’est fini, ils décrochent et repartent vers le bar. Le but initial n’est pas atteint. Ils espéraient parcourir sur deux ou trois kilomètres la rue qui mène jusqu’à l’entrée de Monaco, c’est pas pour aujourd’hui. Beaucoup repartent, quelques uns restent le temps d’une bière, je me joins à eux. Ah une bière…On sent un mélange de plaisir d’être ensemble, de l’avoir fait et une insatisfaction, une frustration…forcément dit ma voisine de table, des gauchistes dans le coin, c’est pas gagné, mais normalement on est plus nombreux.

C’est le weekend end, y fait beau, y a des meetings ailleurs. Je prends congé, et je me dirige vers l’arrêt de bus maintenant que c’est fini les bus vont se repointer, ma caisse est au milieu du port de Monaco…Je regarde les flics qui sont toujours là. Cà fait un moment que je joue à Champollion et que je décrypte la pierre de rosette en forme d’horaire de bus en mal comprenant que je suis… Une jeune femme, belle, classe, s’approche et dans un superbe accent british, me demande, çà va ? lé bous y  va venir, t’inquiètes pas… elle est néo zed… Tu as vous, c’est magnifique ici, fait doux, le couicher de soleil, la mer, c’est trop bein ici, tous les soirs je prends le bous ici…Bon, le voyage retour vers Monaco va être sympa…

On monte dans le bus, elle me raconte des tas de trucs, qu’elle est venue accompagner son amoureux et elle me parle en me fixant à 10 centimètres du visage et poursuit comme si on était copains depuis longtemps, qu’elle aime la mer, que c’est merveilleux ici, que les gens sont adorables, que c’est une surprise la coupe Louis Vuitton aura lieu en Nouvelle Zélande, qu’elle aime le rugby et que la France a gagné cette après midi contre l’équipe du pacific, elle me parle désormais en anglais et me demande ce que je fais avec mes « accessoires »… Je me dit que c’est le bon dieu qui était chagriné d’avoir eu recours aux gendarmes cette après midi et qui pour me réconforter m’envoie un ange… Je lui dis que je suis venu filmer pour une tv du oueb une manifestation contre le « Black money » de le paradis fiscaux… La télélibre, putain quel bazar, je suis loin, je me sens tellement loin que je ne me vois plus. Cà n’a pas d’importance. Ce qui est important c’est de vivre. Ouah, c’est super, c’est merveilleux qu’elle dit… comme le reste, tout est merveilleux, autour les gens tendent l’oreille, on est devenu l’attraction du centre bus, je me perds dans mon anglais que je pratique avec l’accent d’une espèce de docteur indienne, elle se marre, je me dis qu’elle est folle,  mais qu’elle est  belle et qu’elle à l’ouest, heureuse au milieu de son univers qu’elle a transporté avec elle, et qu’importe, je suis un poil décalé » aussi et que c’est bien comme çà et puis le bus s’arrête au centre de Monaco, faut que je descende, bye mademoiselle, un coucou à travers la vitre, la nuit tombe et je suis au milieu d’une fête foraine…

J’ai l’air con avec ma petite caméra. Pas de soucis, sans aussi. Je filme les manèges, les jeunes qui crient, ballotés dans les airs dans une  grande centrifugeuse avec des petits drapeaux monégasques, toujours des petits drapeaux.  Je me paie une barquette de frites, des frites grasses de Monaco, et puis je vais plus loin les manger assis sur un banc sur les quais, devant une barque de pécheur. Le petit bateau de pêche est coincé là avec deux ou trois autres, quichés comme lui derrière les grands yachts. Cà me fait du bien de les regarder, comme on regarde un bout d’humanité dans un univers qui parait  lointain. Derrière moi, des gens vont et viennent en courant, en short, avec des maillots et des numéros, des jeunes, des vieux, des plus que vieux, des femmes, des enfants, des qui courent comme des athlètes  baron de Coubertin, des qui se trainent, des qui friment, des anonymes, des qui marchent, des qui boitent, des qui en chient, des qui rêvent, des sérieux, des qui me regardent les regarder, des qui trébuchent, des gros, des maigres, et je me lève et je les suis tranquille, de toute façon ils ont l’air d’aller vers la digue flottante où il y a mon parking. Là bas, des tentes, toute une organisation devant les yachts imposants et maintenant illuminés comme des sapins de noël.

Quatre personnes revêtus de gilets orange me fixent. Je vais vers eux et leur demande ce qui se passe. L’un d’entre eux, barbu bien disposé à mon égard m’explique qu’il s’agit d’une course qui dure une semaine et qui est organisée au profit de l’association « Children and Future » que pour chaque kilomètre parcouru, une somme d’argent est reversée en promesse de dons au profit d’une action médicale qui est destinée à secourir des enfants africains en attente d’opération et qui eux me souligne–t-ils ne bénéficie pas de couverture sociale comme à Monaco, ou en France…Je lui dis  pour qui j’ai réalisé un reportage à Monaco et au Cap d’Ail et que je voudrais bien mettre çà dans ma petite boite. Il est d’accord et m’entraine vers une tente style africain toute belle bien décorée avec des portraits d’enfants ayant bénéficié par le passé d’une aide médicale par le biais de ce genre d’action. On tourne, il me réexplique l’affaire. Il est content. Après quoi je lui dit que l’action de cette association caritative c’est une excellente image pour Monaco, il est content. Je lui dit que j’ai aussi filmé une manifestation anti paradis fiscaux au Cap d’Ail tout près d’ici cette après midi. Il est moins content. Il me dit que tout çà se sont des clichés, que Monaco n’est pas un paradis fiscal et que le Prince Albert veille à ce qu’aucun argent sale n’entre à Monaco. Je lui demande encore de le filmer pour avoir cette opinion. Il veut bien et répète, il n’y a pas d’argent sale à Monaco. J’arrête le tournage, je le remercie et là il me dit que ça le gave tous ces clichés de paradis fiscaux sur la principauté. Je le salue et je le quitte. Je vais rejoindre mon parking princier. Fait nuit, faut que je reparte dans mes montagnes. Je passe devant un monumental yacht illuminé, « Force Blue » qui est immatriculé aux îles Caïmans.

Philippe Maréchal

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Les commentaires (26)

  1. Quelle aventure , Philippe !
    Du Gard au Rocher, l’impression d’un voyage intersidéral.
    Bravo pour l’écriture..vivante, colorée, nerveuse.
    Pas vu le film…encore à cette heure.
    Bravo pour y être aller..fallait marquer l’évènement, car 100 manifestants contre les paradis fiscaux à Monaco,c’est déjà le début d’une révolution.
    On y serait bien allé aussi, mais là bas, même aller manifester est encore trop cher!
    En parlant de « là bas », Daniel Mermet a fait 2 émissions sur Monaco le 26 et 27 novembre.

    Voir :
    http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/labassijysuis/index.php?id=73734

    J’ ai retrouvé le ton de Daniel dans ton texte. Et tu auras la réponse pour les grues et les travaux.

    Tu as déjà mérité une bière-grenadine bien fraîche !
    Et une place au paradis des défiscalisés.
    Merci pour les sensations .

  2. Excellent boulot Philippe ! Bravo !
    En tant que niçois, j’ai cependant rarement l’occasion de me rendre à Monaco qui n’est pourtant qu’à une demi-heure de voiture et 20 mn de train. Mais je connais quand même un peu. Et bien comme Philippe, chaque fois que j’y vais, j’ai vraiment l’impression d’entrer dans un pays différent, un monde différent. Le pire est, je crois, d’entendre le discours de vrais monégasques. C’est-à-dire des habitants issus de plusieurs générations de monégasques. Pour eux, derrière une fois quasi aveugle en leur prince et en leur indépendance (si-si !), la question de la propreté des capitaux et des sociétés installés dans la principauté ne se pose même pas. De même, la question de savoir comment Monaco est devenu une ville « florissante » et un pôle financier incontournable, non plus.
    Et pourtant… Pendant la guerre 39-45, en échange d’une « neutralité » relative, Monaco devint une des banques chargées de gérer les fond issus des spoliations diverses et variées du IIIème Reich… Vers la fin, alors que ça commençait à sentir le roussi pour pas mal de nazis, la Principauté se transforma en plaque tournante de l’évasion financière au profit des criminels de guerre en fuite. A la libération, alors que l’on projetait d’annexer carrément Monaco pour la punir de sa collaboration active, De gaulle lui-même s’y opposa… Pourquoi ? Et bien parce qu’il s’est rendu compte que de telles institutions financières opaques à la fois en dedans et en dehors du territoire français seraient bien plus utile… C’est donc avec l’aval du gouvernement français et la publicité que celui-ci développa autour du Rocher, que Monaco devint un vrai paradis fiscal. Un paradis fiscal qui n’en est pas un, puisque chapoté par la France qui, elle, n’en est pas un non plus.

  3. Merci pour le coup de casque paradisiaque sur Monaco. Très sympa ces galeries de portraits de citoyens colorés…c’est vivant. On se rend compte, non pas des paradis fiscaux, mais de la paranoïa sociétale de notre gouvernement. Ils flippent grave les pépé….Continuons de lutter et n’oubliez pas de voter pour les prud’hommes!

    Philippe, pourquoi les journalistes n’ont pas de carte de presse???
    Que fait la télé libre?

  4. @Valère….hier soir j’ai écouté Göksin Sipahioglu fondateur de SIPA, dans l’émission de Katleen Evin sur Inter, et tu vois…je me dis, une carte de Presse, et ben çà se mérite et j’en suis loin, tellement loin, de cet homme là et de John Paul Lepers, et Daniel Mermet dont parle Mobensim… et d’un bon nombre comme eux qui exercent un métier difficile et exigeant avec classe et talent…voilà et puis LaTélélibre elle fait ce qu’elle peut, entre autre donner la parole, offrir un moyen d’expression citoyen, je suis à la fois heureux et fier d’y contribuer.
    fraternellement.

  5. BRAVO!! Enfin ,nous arrivons au vrai problème car sans la suppression des paradis fiscaux , tout redeviendra comme avant cette crise et la suivante sera encore plus grave !!
    Où est l’argent que les revendeurs d’actions , qui par leurs vente ont fait baisser la bourse ???
    Ces sociétés ont bien encaisser des sommes énormes !!
    où se trouve cette somme de plusieurs millions de milliards de dollars ?? sous un matelas ?? elle est bien à l’abri dans les banques des paradis fiscaux …… mais dans les plans de relance des gens au pouvoir de nos chers pays gouvernés par la droite ou les socio-démocrates … vous en avez entendu parler ????
    Aprés le 11 sept. Bush a fait une courte allusion de suppression et aprés ??? ….. il a changé d’avis sans le dire !!
    Il a fallu beaucoup de courage pour faire ce reportage en espèrant que ça fera réfléchir positivement tous les politiques qu’ils soient de droite ou de gauche ….. j’ai souvenir qu’un certain général De Gaulle avait fermé militairement les frontières avec Monaco , ….hé hé hé c’était pourquoi déja ??

  6. C’est fou le paradoxe dans ce reportage :
    Monaco pompe de l’argent a foison aux pays africains (comme tous les paradis fiscaux) mais qu’on se rassure les monégasques font du jogging pour aider les africains a se soigner.
    INCROYABLE….si j’avais su j’aurais participé a cette manifestation qui méritait beaucoup plus de monde !!!!

  7. M’enfin, arrêtez d’embêter les pauvres monégasques, jaloux que vous êtes!! Philippe Maréchal, franchement, je suis déçu… fallait dire aux gentils messieurs en bleu de travail que vous vouliez filmer la banque dans laquelle vous vouliez faire un dépôt de quelques millions, je suis sûr qu’ils auraient été jusqu’à vous accompagner pour vous protéger de tous ces gueux!! Il a raison le GO de la course pour soigner les petits nafricains ou chinois ou latino-américains de leur pathologie cardiaque: Monaco n’est pas un paradis fiscal, mais un Centre de traitement financier off-shore, c’est pas du tout pareil. En plusse, ils sont tout plein gentils puisqu’ils récoltent des millions pour que les petit nenfants tout pauvres puissent payer à leur juste prix les chirurgiens monégasques qui iront les opérer entre deux réceptions à l’hôtel quatre étoiles local. Bon, après, ils peuvent plus rien pour leur remplir leur ventre, ah ben à Monaco, on fait pas dans l’alimentaire: on va quand même pas leur filer du caviar iranien, des langoustes et des truffes cuisinés par des chefs quatre étoiles, non plus!!! Franchement, un reportage bien malhonnête qui porte tort au petit commerce monégasque… avec vos écrits et vos insinuations, z’allez faire peur aux gentils russes qui viennent déposer leurs économies dans nos banques parce que chez eux elles sont pas jolies!!
    Monsieur Maréchal, les monégasques ne vous disent pas merci, et votre télélibre n’est pas la bienvenue (d’autant plus que vous n’avez pas un sou…).

  8. C’est Gilles Tonelli, le conseiller de gouvernement pour l’Economie et les Finances, qui expliquait :
    « La Principauté a toujours considéré qu’elle n’était pas un paradis fiscal. (…)
    Son régime fiscal date du XIXe siècle et n’a pas été mis en place pour des raisons de concurrence entre places financières, mais pour alléger la charge des sujets du prince qui, à cette époque, n’avaient pas de revenus suffisants »….
    démago…des magots…

  9. Fiscal ou pas, il n’y aura bientôt plus de paradis sur terre, demandez à Nicolas Hulot !
    Alors les billets de 500 euros pourront toujours servir de papier hygiénique quand il n’y aura plus assez d’arbres …

  10. Devinez où va l’argent des services de recouvrement ? à Monaco.
    Il y a quelques temps, je me suis heurté à un mur d’arguments vides par téléphone, lorsque j’ai demandé à mon interlocuteur (qui m’assurait être à son bureau à Paris) pourquoi devais-je envoyer mes chèques à Monaco !?!
    Peu de temps après, on m’a changé l’adresse d’envoi.
    Argent sale et laine des pauvres, tout va dans les coffres bien gardés des paradis…

  11. Tout à fait francky
    Je confirme, il m’est arrivé la même aventure avec un service de recouvrement d’une banque française qui m’enjoignaient depuis Monaco…je te racontes même pas comment je les ai envoyé aux pelotes….

  12. [email protected] cracra,il aurait du annexe definitivement ce « caillou » comme il l’appelait, au territoire.Ah l’histoire a de ces rates parfois….mais aujourd’hui on aurait un autre Monaco aux Antilles ou ailleurs,le capitalisme aura toujours besoin d’un chiotte pour y defequer ce qu’il a englouti .

  13. philippe,tu connais la pub(oh!le gros mot!)finger.
    eh bien pour 2009, tu peux pas nous en faire un peu plus de tes reportages…
    restes dans ton coin:y a plein de sagesse la bas pas besoin d’aller à monaco, les filles sont plus…superficielles.
    et moi aussi je deteste cet expression de « paradis fiscal » appelons cela « honte fiscal ».j’ai jamais compris la difference entre 1 milliard d’euros apres impots et 1 milliards d’euros sans impots:tout de facon , c’est des generations entieres nourris alors messieurs les riches payez vos impots!

  14. Je vous ferais remarquer qu’au moins, à Monaco, il n’y a pas besoin de savoir l’hymne de la principauté, ni de savoir parler le monégasque, pour obtenir la nationalité, preuve qu’en matière de démocratie et d’accueil des émigrés ils sont en avance sur la france d’hortefeux… suffit juste d’avoir des brouzoufs, pleins, tout pleins!!

  15. @ providence… je crois que ce n’était pas le genre du monsieur mais pour un chiotte !!!! c’est un chiotte en or massif !!
    tu es presque plus pessimiste que moi !!
    pour dire : j’ai peur car beaucoup de gens commencent à ne plus croire en quoi que ce soit !! élections prudhommales 75 % d’abstentions !!dur dur! si vous ne renversez pas la situation on va à la catastrophe !! Attali l’a encore répéte ce matin sur F24 !!
    vous , car moi serais plus là , na !

  16. Concernant les paradis fiscaux, là tout-de-suite, je n’ai rien à ajouter. Mais je voulais dire « Bravo Philippe, le texte est excellent. J’aime le style. » Alors je le dis: Bravo Philipe, le texte est excellent. J’aime le style. (J’ai bien aimé le reportage aussi, hein!)

  17. bravo les guyannais! Vous avez su les arracher vos 50cts !

    voilà des gens raisonnables!
    est-ce que le rocher va en souffrir ?

  18. Albie ne te laisse pas faire , faut toujours que ce soit la faute des hommes sages comme toi et tout ça pour  » gratter  » et trouver un fautif . Albie je suis d ton côté no problémo et j’interdit qui que ce soit pour accuser une principauté si^petite soit elle et qui se trouve être en admiration par des personnes riches et célèbres entre autre . Bisoussssssss Albie

  19. Bonjour Philippe,
    je suis le syndicaliste de SUD du début de ton reportage… Y sont fous ces gendarmes !!!
    Ou va notre monde ???
    J’aime beaucoup ton style…
    Yannick.