Femmes en Tunisie : « une Guerre Froide au Quotidien »

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Alors qu’en Tunisie les islamistes d’Ennahda (au pouvoir depuis janvier 2011) sont regardés avec angoisse lorsqu’on parle de droits des femmes, alors que la première Femen tunisienne Amina reçoit des menaces de mort après avoir provoqué un scandale en postant des photos d’elle, seins nus, avec ce message clair marqué sur son buste : « mon corps m’appartient et n’est source d’honneur pour personne », des hommes et des femmes continuent à se battre pour l’égalité et la liberté des individus. Ainsi, ils bâtissent les fondations de la Tunisie qu’ils espèrent pour demain, une Tunisie sculptée par le féminisme.

Pénétrer en Tunisie par la brèche que le mouvement féministe a réussi à créer offre un regard que nous n’avons pas l’habitude de porter sur ce pays où les voiles fleurissent depuis janvier 2011. Chiraz, Abir et Haïfa sont libres, intrinsèquement. Et elles comptent bien le rester. Les cheveux découverts, elles vont dans les cafés quand elles le souhaitent et elles se baignent quand bon leur semble malgré la pression des regards qu’elles ressentent au quotidien. Et elles vivent cette liberté qui les guide jour après jour et qui leur donne la force de lutter –pour la sauvegarder, pour la défendre, pour l’amplifier, pour la répandre. Car cette liberté des femmes tunisiennes est la condition de la construction d’une société véritablement démocratique.

 

Et cette lutte ne se fait pas sans les hommes. Khalil et Meher se disent aussi féministe. Car pour eux la lutte des femmes n’est pas coupée du contexte global, et les hommes ont le devoir de lutter à leurs côtés. Pour eux, le féminisme dépasse largement les femmes car il vise à l’égalité entre les sexes et à la liberté des individus, masculins et féminins.

« En tant qu’Homme je me dois d’être aux côtés de toute femme, même si elle ne le demande pas. C’est mon devoir et ma cause ».

 

 


Mais si cette conscience s’est infiltrée dans les villes et les milieux intellectuels, elle n’a pas encore passé la frontière des campagnes où un grand travail de sensibilisation reste à faire.

« Maintenant il faut que nous travaillions dans les campagnes, au sud surtout, parce que les femmes paysannes n’ont jamais été reconnues pour leur travail alors qu’elles sont les productrices indispensables à la vie ! Il faut qu’elles prennent conscience de ça ».

 

La Tunisie, c’est donc aussi eux, ces hommes et ces femmes qui luttent pour l’égalité et la liberté, contre l’oppression et le fondamentalisme religieux.

 

Journaliste : Flore Viénot
Image : Franck Na, Sofien Nejima, Flore Viénot
Montage : Flore Viénot
Musique : Tighri Uzar, Rafik Nour Ben Kilani (Leila and the wolf, Oh mam, When the people revolts)

 

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Les commentaires (5)

  1. Très beau reportage, fort dans les mots, les images, les regards qui disent la conviction , la détermination, le courage , même si parfois l’épuisement se lit avec les larmes.

    J’aime ce féminisme intelligent qui associe les hommes à la lutte.

    Existe-t-il un site où l’on pourrait échanger avec ce mouvement et les encourager ?
    Merci, la TLL !!!!

  2. Merci pour ce retour. Merci pour elles, pour eux, qui luttent quotidiennement, et chaleureusement….

    Il n’y a à ma connaissance pas de site internet car c’est un mouvement composé de plusieurs associations (avec lesquelles vous pouvez par contre communiquer) et d’individus comme Chiraz, sa fille et leurs amis. Je peux vous communiquer leur contact, je suis sûre qu’ils seront ravis d’échanger avec vous!

  3. Pour sauver les acquis de la femme Tunisienne, il faut que toutes les femmes de Tunisie doivent voter obligatoirement et massivement au parti qui préservera les acquis de la femme.

  4. Le vote de la femme a lui seul peut sauver la Tunisie, les femmes constituent à elles seules la moitié des votants en Tunisie, faites le calcul,

  5. Aux prochaines élections, c’est très simple éliminer Ennahdha qui est à l’origine de tous les malheurs et l’anarchie en Tunisie, et tout ira pour le mieux, la Tunisie pourra alors jouir de la paix, de la sécurité, et de la prospérité, et aussi retrouvera sa place de choix dans le monde, perdue par les agissements inconsidérés d’Ennahdha.