Nuit Debout, en Toute Sérénité ?

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22h Place de la République à Paris. Ça semblait calme ce soir-là à Nuit Debout. Pourtant, l’équipe chargée préserver le calme était en alerte. Comme tous les soirs… John Paul Lepers vous propose cette maraude aux côtés de Killian, jeune membre de la commission Accueil et Sérénité.

Dans la tente nommée « infirmerie – accueil et sérénité » dressée sur un coin de la place, un petit groupe s’agite et semble s’organiser.

« – Il y a des flics en civil qui encerclent la place, avec leurs voitures garées dans toutes les rues autour.

  • Il faut faire gaffe ce soir, pour pas que ça parte comme hier soir…

  • Allez, on y va ! »

Certains se glissent hors de la tente et s’enfoncent dans la foule d’un pas décidé. D’autres se dirigent à l’opposé, vers les camions de CRS. D’autres encore restent sur place, des trousses de soin posées là en évidence. Un autre se repose, en attendant son tour de maraude.

Kilian est encore fatigué de la nuit dernière où les affrontements entre les deboutistes et la police a duré plusieurs heures. « J’ai distribué 60 fioles de collyre hier soir. C’est la base à avoir toujours sur soi », explique-t-il en nous tendant une fiole. « Tenez, ça peut vous servir… ».

Servir la sérénité plutôt que l’ordre

La condition pour pouvoir organiser une manifestation ou un rassemblement public est d’organiser un service d’ordre. Le mouvement Nuit Debout n’y coupe pas, les deboutistes se sont donc plié à la règle… mais à leur sauce. « On ne voulait pas d’un service qui garantisse l’ordre et la sécurité mais on trouvait plus juste de préserver la sérénité », insiste Kilian.

Concrètement : garantir l’accès aux premiers soins pour ceux qui en auraient besoin, mais aussi gérer les conflits entre CRS, police en civil et militants, buveurs désirant être libre de l’être, partisans de l’action plus ou moins violente, ou encore les sans abris en colère de voir tout le monde partir le soir. Avec l’objectif à court terme qu’il n’y ait d’impact négatif sur personne. Et à plus long terme que les deboutistes puisse continuer à occuper la Place.

Journaliste : John Paul Lepers
Images : Flore Viénot, Thibault Pomares
Montage : Christophe Alalof

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