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Répression Policière à Notre Dame des Landes

Publié le | par

La lutte des militants occupant le terrain du futur aéroport de Notre Dame des Landes continue et s’intensifie sur le terrain, en réponse au délogement musclé par les forces de police, de plus en plus présentes. Pierre, un des militants, nous a fait parvenir ce reportage: « Vainquons Vin$$i à Notre Dame des Landes ».

Prévu depuis 40 ans, le projet de construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes a refait surface sous le gouvernement Jospin. En 2008 il est jugé d’utilité publique, et deux ans plus tard sa réalisation et sa gestion sont confiées au groupe BTP Vinci, pour 50 ans. L’opposition s’organise dès les prémices du projet. Depuis les années 2000 les opposants s’extirpent du discours des gouvernements successifs qui prônent la construction d’un aéroport écologique, économiquement intéressant et dynamisant pour la région. Autrement dit : nécessaire. En 2009 la Zone d’Aménagement Différé devient la Zone à Défendre, occupée par les militants. Et depuis le mois d’octobre, l’opposition s’intensifie face à la répression policière grandissante.

Le 16 octobre le gouvernement Ayrault annonce un demi million d’euros pour déloger les opposants à la construction de l’aéroport. Le 17 octobre débarquaient alors 1200 policiers et militaires, des escadrons et des hélicoptères à visée nocturne. Il fallait bien tout cela pour déloger les 400 militants des champs, qui occupent les 2000 hectares de bocages, bientôt bétonnés pour accueillir les futurs voyageurs ailés….

Depuis, la vie sur le bocage devient rude. La brutalité ne fait que croître à en croire les témoignages des occupants. Claudine, une militante, raconte : « ce week-end ça a été terrible, encore plus de flics sont arrivés pour fermer la zone et l’isoler. Les soutiens ne peuvent plus passer, les journalistes non plus, nous sommes encerclés de partout et il y a quatre à cinq fois plus de flics que de militants ! Vers 7h ce matin (mardi 30) il y avait énormément de force de police, les barricades brûlent, les gens sont délogés… Les moments de convivialité sont devenus rares car nous sommes toujours dans l’urgence, nous sommes fatigués et sous tension permanente ». Mais la résistance continue malgré tout, et s’intensifie. Bien installés dans leurs maisons auto construites, une petite vie s’est organisée à Notre Dame des Landes et ses habitants ne comptent pas partir si facilement. « Les forces de police ont mis à sac notre boulangerie, reconstruite aussitôt pour nourrir tous les occupants ! » précise Claudine. Le 17 octobre, 11 organisations nationales ont répondu au déploiement couteux de ces forces par une Déclaration solennelle au premier ministre, dénonçant « la brutalité employée par la force publique en vue d’expulser, à la veille de la trêve hivernale, les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes ». Mais plus le temps passe, plus la fatigue assomme et plus la violence devient inévitable. C’est ce que craint Claudine : « nous sommes pacifistes, on discute, on fait des AG, mais quand les flics arrivent, il n’est plus temps de discuter. J’ai bien peur que ça ne dégénère si le processus ne s’arrête pas et que le gouvernement ne prend pas en compte la procédure légale ».

Que faudrait il alors pour régler le conflit ? Déplacer quelques escadrons de plus ? Des militaires supplémentaires ? Un régiment ?…Un débat ? Une concertation de tous les acteurs ? Couteux en temps en en énergie c’est pourtant bien ce que réclame la Déclaration, sous peine d’un manquement à la démocratie et d’un combat infini : « nous estimons que le dialogue et la concertation sont une nécessité pour dépasser les crises écologiques, sociales et économiques […] Au scandale écologique de ce projet, le premier ministre semble vouloir ajouter un scandale démocratique et social. Il va de soit que cette façon de faire ne peut que créer de la défiance. Cinq ans durant, nous avons subi une politique reposant sur une duplicité quasi institutionnalisée. Nous ne saurions accepter plus longtemps une écologie des mots qui, à l’aide de discours enjoués, permet de justifier des actes profondément scandaleux ».

La Déclaration constate alors que « le déploiement de force auquel nous assistons actuellement à Notre-Dame des Landes ne fait que renforcer notre détermination à contester ce projet ». Ainsi, pour Claudine, « la stratégie du gouvernement c’est de faire des occupants des terroristes, et de les isoler. Mais nous avons un leitmotiv : quoiqu’il arrive, et même si nous devons partir, nous reviendrons ».

Pierre, un ami de Claudine, militant également, a realisé un reportage lors de l’arrivée massive des forces de police. On y voit le quotidien des occupants en lutte dont la vie autogérée s’est organisée et on y comprend la transformation de cette vie devenue rude, par le débarquement des policiers et militaires délogeant les occupants. Mélangez le tout, et vous tomberez nez à nez avec l’absurdité d’une telle situation, où le dialogue est exclu.

 Flore Viénot

 

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Les commentaires (3)

  1. Merci d’avoir relayé cet excellent reportage.

    Dans votre appel aux dons, vous pouvez remplacer Sarko par Vinci. Pas besoin de changer le dessin, c’est le même costume trois-pièces.

  2. Juste par curiosité.

    Claudine et Pierre sont militants auprès de quelle association respectivement ?
    Qu’est ce que le groupe Groix qui a largement mis en ligne le reportage relayé ? Quels liens sont ils entretenus avec Claudine et Pierre ?

  3. Bientôt 4 ans et le combat continue encore, d’ailleurs le sénateur écologiste de l’Essonne Jean-Vincent Placé a réagi aujourd’hui »hui à savoir jeudi 12 novembre 2015 sur le plateau de Politique matin, à l’annonce de la reprise des travaux sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : « Ce qui a été convenu, et c’est la parole du président de la République, c’est pas de travaux avant l’épuisement de l’ensemble des recours, a rappelé le président de l’union des démocrates et des écologistes. Essayons de sortir par le haut, on fait un référendum sur la région [Pays de la Loire] en disant : oui ou non, est-ce que vous voulez de cet aéroport ? »