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Du Sucre dans le Moteur

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[CHANTIERS DÉMOCRATIQUES] De Notre-Dame-des-Landes à Nuit Debout en passant par les luttes syndicales, la question de la violence dans les mouvements sociaux se pose aujourd’hui sous un jour nouveau. Quand commence la violence ? Est-elle efficace ? Jusqu’où est-on prêt à aller pour défier l’ordre établi et agir pour ses idées ?

PREMIÈRE DIFFUSION : 2 Mai 2016

L’histoire des mouvements non-violents a pour héros des pacifistes mais avant tout des militants pragmatiques. En 1942, quand Gandhi prend la tête du combat pour l’indépendance de l’Inde, le rapport de force n’est pas en sa faveur. Sa lutte fondée sur une doctrine non-violente amènera pourtant l’indépendance de l’Inde. De Rosa Parks, qui refuse de céder sa place à un blanc dans un bus de l’Alabama, à Martin Luther King qui partage son rêve d’une nation unie devant 200 000 personnes, les grandes figures du mouvement des droits civiques s’inspirent largement de cette lutte fondatrice.

Les militants écologistes puisent aujourd’hui leur vision de l’action non-violente dans les révolutions plus récentes comme celle qui a mené au renversement de Milosevic. Le livre de Srja Popovic, l’un de ses instigateurs, leur sert de livre de recettes révolutionnaire.

Avec leurs associations respectives, Pauline et Gabriel organisent ainsi des actions non-violentes de masse, comme le blocage du sommet du pétrole offshore à Pau : armés de coussins et enduits d’huile de seiche, ils dénoncent le décalage entre les engagements pris à la COP21 et la réalité de l’industrie pétrolière. Avec le mouvement Nuit Debout, ils ont l’occasion de transmettre leur savoir-faire hors des cercles associatifs et conçoivent des formations sur mesure pour les occupants de la place de la République. La demande pour ce genre de formation s’amplifie ainsi au fur et à mesure que la mobilisation contre la loi El-Khomri s’intensifie.

Damien*, intermittent venu de Bordeaux, ne quitte pas Paris malgré la fin de son contrat, persuadé du caractère historique du mouvement. Rencontré place de la République, nous l’avons interrogé sur sa conception des actions non-violentes, puis l’avons retrouvé au troisième étage d’un squat parisien où se tenait la formation proposée par Pauline et Gabriel.

Ce mercredi 27 avril 2016, une trentaine de personnes sont présentes. Tous en ont pris connaissance par le bouche à oreille, place de la République ou sur les réseaux sociaux. Placée sous le signe de la bienveillance et de l’écoute active, la formation aborde la théorie de l’action non-violente, ses principales étapes historiques, et surtout quelques exercices de mise en pratique. Des processus de prise de décision rapide sont expérimentés, permettant de distinguer les forces et les faiblesses du débat horizontal selon les situations.

Le lendemain, tôt le matin, une action directe près du port de Gennevilliers, suivie d’une autre sur un pont autoroutier près de Saint-Denis, illustre les difficultés à adopter une position commune sur l’usage de la violence. Pour beaucoup, il s’agit avant tout d’être pragmatique sur le terrain et ainsi mener une action efficace et victorieuse. Les tactiques engagées dépendront donc avant tout des situations rencontrées, et non d’une posture morale a priori.

« La non-violence est une arme puissante et juste, qui tranche sans blesser et ennoblit l’homme qui la manie. C’est une épée qui guérit. » Gandhi

 

Il existe différents types d’action non-violentes

  • Les actions non-violentes restant dans le cadre de la légalité sont les différentes formes de protestation et de persuasion que sont les déclarations publiques, les pétitions, les marches, les tracts, les caricatures, les chansons et slogans, les grèves de la faim, les sit-in et l’occupation d’espace publique symbolique, ou encore les séances de formation à l’action non-violente.
  • La désobéissance civile, elle, vise à créer un rapport de force politique à partir du non-respect d’une loi se voulant légitime, ainsi les « objecteurs de conscience » refusaient-ils avant tout de participer à la guerre. Elle peut aussi se manifester par des actions concrètes comme celle des faucheurs d’OGM.
  • La non-coopération, sociale ou économique, notamment via les différentes formes de boycotts et de grèves se base sur un objectif de contrainte. Elle consiste à créer des situation de dilemme pour les décideurs.
  • Enfin, ces différentes formes d’action nécessitent toutes une médiatisation afin de mettre en scène les rapports de consciences vis-à-vis des rapports de forces. Une communication organisée, notamment via les réseaux sociaux, est fondamentale pour créer une caisse de résonance des actions menées et de leurs revendications au sein de la société et du débat public.

Quelques exemples d’actions non-violentes notables

  • Le sit-in de Conception Picciotto reconnu comme le plus long au monde : après 35 ans assise devant la Maison Blanche pour demander le désarmement nucléaire, elle s’est éteinte à l’âge de 80 ans en janvier 2016.
  • L’appel national à la grève du sexe lancée au Libéria par la prix Nobel Leymah Gbowee en 2002 pour mettre fin à la guerre civile et ainsi inclure les femmes dans le processus de paix. Voir « La source des femmes » de Radu Mihaileanu.
  • Les « Glitter Attacks », alternative poétique à l’entartage, sont des attaques à la paillette. Elles ont notamment visé des personnalités opposées au mariage gay ou à l’avortement.
  • Les Block Parties sont l’occupation ludique et festive d’une rue ou d’une place pour protester contre la privatisation de l’espace public. Voir Block Party de Michel Gondry.

Des liens pour aller plus loin

Livres

Articles

Films mettant en scène la culture de la non-violence

  • « Gandhi » de Richard Attenborough (film historique sur la vie de Gandhi) – 1982.
  • « Bataille à Seattle » de Stuart Townsend (film d’action hollywoodien mettant en scène les premières manifestations anti-globalisation à l’occasion de la conférence de l’Organisation Mondiale du Commerce à Seattle en novembre 1999) – 2007.
  • « Rachel » de Simone Bitton (enquête sur la mort de Rachel Corrie, une pacifiste américaine écrasée par un bulldozer israélien alors qu’elle tentait d’empêcher la destruction de maisons palestiniennes) – 2008.
  • « Tous au Larzac » de Christian Rouaud (documentaire sur la « marche organisée par les paysans-travailleurs » les 25 et 26 août 1973 sur le Larzac) – 2011.

Réalisation

Ferdinand Caillot
Killian Martin
Colas Lemaire
Formateur : Romain Potocki

* Le prénom a été modifié…

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