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La Guerre des Civic Tech

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[CHANTIERS DÉMOCRATIQUES] S’impliquer, voter, cliquer. Voilà la recette de la démocratie version 2.0. Simon est parti à la rencontre des Civic-tech, ces acteurs qui permettent à cette démocratie d’éclore. Mais, entre start-up, associations, partisans du logiciel libre et défenseurs du fermé, le monde des Civic Tech ne rime pas forcément avec participation citoyenne.

democratie

Et si le remède à l’abstention se trouvait dans l’implication citoyenne en politique ? C’est en tout cas ce qu’essaient de faire entendre ces jeunes entrepreneurs des Civic Tech. Et pour ça, rien de mieux qu’Internet.

La première loi « co-créée » sur Internet

En 2016, la loi pour une République numérique, portée par la secrétaire d’Etat Axelle Lemaire est promulguée. Grande première en France, cette loi a été « co-crée » par les élus et les citoyens sur internet. En 2015, le gouvernement propose sa loi sur une plateforme, développée par une start-up du nom de Cap Collectif*. Les internautes ont trois semaines pour donner leurs avis, émettre d’autres propositions, voter pour les commentaires et les propositions de chacun. Le gouvernement s’engage ensuite à « enrichir le texte de loi en fonction des propositions les plus pertinentes, plébiscitées par les autres internautes avant son adoption en conseil des ministres ». Après plus de 21 000 contributions et une modification de plusieurs dizaines d’articles, la loi est promulguée.

Un processus critiqué

Si le gouvernement et les Civic Techs concernés par la co-construction de cette loi ont largement communiqué sur cette consultation citoyenne, des Civic Techs concurrentes et des associations n’approuvent pas le déroulé de ce processus et crient à l’hypocrisie.

DemocracyOS, une Civic Tech née en Argentine, concurrente de Parlement et Citoyens (et de Cap Collectif) développe une plateforme démocratique similaire, mais dans son coin, car elle refuse de collaborer avec ces derniers. Ses membres n’admettent pas que l’on puisse commercialiser un outil servant à recréer de la démocratie (ce que fait la plateforme de Parlement et Citoyens et Cap Collectif).

Pour eux, il n’est pas logique que cette plateforme ne soit pas en Open Source et développée sur du logiciel libre. C’est à dire que personne ne peut entrer dans le code source de l’outil de Parlement et Citoyens pour le modifier, pour l’actualiser, ou pour l’améliorer comme c’est le cas sur Linux par exemple. « Ceci est contraire à l’idée de bien commun », selon Caroline Corbal, membre de DemocracyOS. Elle insiste sur le fait qu’un outil démocratique doit être pensé sur du logiciel libre, afin de garantir une horizontalité partout.

Pas de démocratie sans logiciel libre

Pour l’April, défenseurs du logiciel libre, il ne peut y avoir de démocratie numérique sans logiciel libre. Ainsi, ils remettent en question l’intérêt de la consultation numérique au moment de la loi d’Axelle Lemaire.

Parmi les trois propositions les plus plébiscités par les internautes sur la plateforme au moment de la consultation, figuraient en deuxième et en troisième position, des amendements favorisant l’utilisation du logiciel libre à l’école et dans les services publics. Aucune de ces deux propositions ne sont entrées dans le texte définitif malgré l’affirmation du gouvernement d’ « enrichir le texte de loi en fonction des propositions les plus pertinentes, plébiscités par les autres internautes avant son adoption en conseil des ministres ».

civic tech

Pour Etienne Gonnu, membre de l’April, la réponse qui leur a été apportée par le gouvernement après coup, ne tient pas la route. Après avoir contré ces arguments un par un, les membres de l’April attendent toujours une réponse. « Au moins, cette loi a le mérite d’avoir ouvert le débat sur le logiciel libre » se rassure Etienne Gonnu.

La démocratie numérique n’est pas encore née

L’objectif d’ « améliorer » la politique et la démocratie en développant des outils qui puissent rendre horizontales l’écriture des lois et les décisions politiques : une belle ambition ! Mais son élan est freiné par des conflits d’intérêts entre ses acteurs, et des pouvoirs publics pas tout à fait prêt (malgré les apparences) à se jeter dans le grand bain d’une vraie démocratie 2.0.

Alors, même si la consultation numérique lancée par Axelle Lemaire a permis d’expérimenter de nouvelles formes démocratiques, l’horizontalité en politique, ce n’est pas pour tout de suite.

*Cap Collectif est la start-up crée pour commercialiser la plateforme développée par Parlement et Citoyens. Ces structures sont liées. Cyril Lage, le président de Parlement et Citoyens est par exemple le fondateur de Cap Collectif

Rédaction et montage : Simon Barrau
Images : Léo Millancourt, Samia Benzaid, Flore Viénot
Images complémentaires : Nathan Houée

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Les commentaires (5)

  1. Et Cyril Lage est aussi le confondateur de l’association Democratie Ouverte. Plusieurs personnes de Cap Colletif sont aussi dans le conseil d’administration… welcome dans le business de la démocratie version 2.0

  2. Les démocratie sont toujours freinées par le conflits d’intérêts non. Que ce soit dan le numérique ou dans la vie réelle.

  3. 1. Il faudrait une suite à ce reportage sur des projets de logiciel libre de CiviTech (Loomio ? Discourse ?) qui ont trouvé leur modèle économique et qui par conséquent embauchent des développeurs et prouvent que le raisonnement des gens de Parlement & Citoyens pour ne pas libérer leur code est FAUX. C’est une erreur commune en fait et les militants et militantes du logiciel libre doivent régulièrement pointer vers la documentation sur les modèles économiques du libre.

    2. Il faut aussi dire clairement que la crainte qu’une personne malveillante insère du mauvais code dans le code source d’un logiciel parce qu’il est libre est ABSURDE. On peut très bien faire un logiciel libre et contrôler étroitement qui a le droit de faire des modifications au code (c’est typiquement le cas).

  4. @Mathieu : tout a fait.
    C’est absurde de croire qu’on doit fermer le code source pour pouvoir en vivre.
    Il existe plein de business model autour du libre, voire des double-licences qui permettent a la fois de developper une communauté et d’interdire une exploitation commerciale du logiciel.